Exit le blocage qui a marqué le dialogue social en 2018. Désormais, un terrain d’entente semble avoir été trouvé entre les divers partenaires sociaux pour boucler un « deal » nouveau avant le 1er mai.

Une fois de plus, les Marocains se réveillent avec le retour en force de l’Intérieur comme « maître d’œuvre » d’une telle construction de laquelle le ministère de l’Emploi a été éjecté. En effet, c’est Abdelouafi Laftit qui a pris les choses en main après l’éclipse de Mohamed Yatim, ministre PJD qui avait été à la tête du bras syndical de son parti.

L’Intérieur aura été plus inclusif dans sa démarche et plus incisif que le département de l’Emploi qui aura cristallisé les tension en traduisant la volonté de l’Exécutif de tout faire tout en ne faisant rien…

Attisant l’ire des syndicats qui n’envisagent pas s’engager dans un dialogue social fait pour épater la galerie alors que rien n’a été négocié. Ni ordre du jour, ni accords ! CDT, UMT et UGTM ne sont pas dupes. Et c’est la raison pour laquelle ils ont décidé du boycott… Jusqu’à ce que l’Intérieur soit mobilisé, après un appel pressant du Souverain lors du discours du Trône, pour redonner vie au « dialogue social ».

Il faut dire que les cycles de réunion enclenché non sans appréhensions syndicale ont fini par porter leurs fruits. Accord a été trouvé sur les augmentations des salaires et allocations… L’offre faite par A. Laftit prévoit l’augmentation des salaires pour les fonctionnaires du secteur public (administrations, collectivités territoriales, organismes publics) à hauteur de 500 dirhams net. Cela concerne les échelles 6, 7, 8 et 9 et les grades de 1 à 5 de l’échelle 10 ou équivalent.

Cette augmentation sera effective progressivement et consistera à verser aux salaires des fonctionnaires 200 dirhams à partir du 1er mai 2019. Le même montant sera additionné dès le 1er janvier 2020, tandis que 100 dirhams restant ne le sera qu’un an plus tard, c’est-à-dire, le 1er janvier 2021. 

Les fonctionnaires du grade 6 de l’échelle 10 et plus auront droit à une augmentation de 400 dirhams. Elle leur sera versée en trois tranches aux périodes précitées: 200 dirhams (mai 2019), 100 dirhams (janvier 2020) et 100 dirhams (janvier 2021).

Quant aux allocations familiales, elles seront portées à 100 dirhams pour chaque enfant à condition toutefois que le nombre se limite à trois. Quant aux fonctionnaires en bas de l’échelle, ils auront droit à une promotion par la création d’un nouveau grade, Dans le secteur privé, le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et le salaire minimum agricole garanti (SMAG) connaîtront, chacun, une augmentation de 10% échelonnée sur deux ans: 5% en juillet 2019 et 5% en juillet 2020. 

Même si les centrales veulent toujours plus, le compromis est là. C’est ce qui a permis au porte-parole du gouvernement de s’empresser de dire qu’ « un accord de principe » est désormais acquis. Le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, lui, a affirmé, « avoir de bonnes nouvelles à annoncer très prochainement ». 

Reste à savoir de quoi sera faite la réponse du gouvernement aux autres engagements en suspens depuis l’ancien accord. Cela sans parler des questions ayant trait aux libertés syndicales et aux conflits sociaux…  Le déblaiement du terrain par l’Intérieur permettra-t-il de mettre tous les partenaires sociaux autour de la table pour signer, en présence d’El Othmani, l’accord social tant attendu ?

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