Disparition de Khashoggi à Istanbul: Trump menace Riyad

Disparition de Khashoggi à Istanbul Trump menace Riyad
Disparition de Khashoggi à Istanbul Trump menace Riyad

 Le président américain Donald Trump a estimé que l’Arabie saoudite pourrait être derrière la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, et que si tel était le cas, son pays infligerait un « châtiment sévère » au royaume.  « Pour l’instant, ils démentent (leur implication) et la démentent vigoureusement. Est-ce que ça pourrait être eux? Oui », a dit le président dans un entretien à la chaîne CBS, enregistré jeudi et diffusé samedi, ajoutant que si l’Arabie saoudite s’avérait effectivement responsable, il y aurait « un châtiment sévère ».

Le président américain joint sa voix à d’autres dont celle de la directrice du FMI qui s’est dite « horrifiée » par la disparition du journaliste saoudien, exilé aux Etats-Unis et correspondant pour le Washington Post. Christine Lagarde a toutefois confirmé qu’elle se rendrait au sommet économique multilatéral organisé fin octobre à Ryad, appelé aussi le « Davos du désert » que nombre de médias et de géants économiques US ont décidé de boycotter. Plusieurs médias, dont le Financial Times, The New York Times et The Economist ont retiré leur soutien à cette conférence, vitrine du pharaonique plan « Vision 2030 » de l’Arabie Saoudite, censé transformer le premier exportateur mondial de pétrole en géant technologique et touristique. Le patron d’Uber, Dara Khosrowshahi ne devrait pas s’y rendre comme le milliardaire britannique Richard Branson, fondateur du groupe Virgin.

Le président français s’est également exprimé sur le sujet sur France 24 samedi matin. Emmanuel Macron a qualifié les faits de « graves, très graves », minimisant les liens de la France avec l’Arabie Saoudite en rappelant que ce pays « n’est pas un grand client de la France ». La réaction de l’Elysée, fort tardive, a soulevé nombre de questions sur les véritables motivations de l’absence de réaction de l’Elysée alors que Londres et Ottawa n’ont pas hésité à condamner l’épisode Khashoggi tel que joué par Riyad.

L’Arabie saoudite a démenti toute intention de « tuer » le journaliste controversé Jamal Khashoggi disparu à Istanbul depuis son entrée le 2 octobre dans le Consulat saoudien. Le ministre saoudien de l’Intérieur, le prince Abdel Aziz ben Saud ben Nayef, a dénoncé dans une déclaration officielle comme des « mensonges sans fondement » les affirmations selon lesquelles le journaliste avait été assassiné dans ce consulat. Mais force est de signaler que devant la position d’Ankara, le Roi saoudien est sorti de son silence pour réaffirmer la disposition de son pays à collaborer avec les autorités turques pour lever le voile sur cette sombre affaire. Une « mission conjointe » devrait être montée pour ce faire. Le Roi saoudien qui a affirmé « la solidité » des liens entre Riyad et Ankara aura ravi la vedette au Prince héritier MBS réduit au silence par un scandale qui a tout pour secouer les arcanes du pouvoir saoudien et réduire la voilure de l’ambitieux Mohamed Bin Salmane qui semble décidé à faire feu de tout bois pour être couronné.

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