Disparition de S. Hawking: Le grand esprit qui a vaincu la maladie de Charcot

Disparition de S. Hawking: Le grand esprit qui a vaincu la maladie de Charcot

Le célèbre astrophysicien britannique Stephen Hawking s’est éteint à 76 ans. Physicien théoricien de renommée mondiale, S. Hawking était également connu pour ses prises de position dans les débats de société (intelligence artificielle, réchauffement climatique, etc.) ou géopolitiques (il avait toujours décliné les invitations à se rendre en Israël). Il était l’auteur du best-seller «Une brève histoire du temps». Stephen Hawking vivait depuis de longues années paralysé, atteint qu’il fut de la maladie Charcot, diagnostiquée à l’âge de 21 ans.

Le génie cloué dans son fauteuil roulant et s’exprimant au moyen d’une voix de synthèse aura profité de la vie et cherché à comprendre ses mystérieuses lois jusqu’à son dernier souffle. La puissance extraordinaire de son esprit lui aura permis de se projeter par la pensée jusqu’aux confins de l’univers, à l’approche du Big Bang ou au voisinage des trous noirs dont il était devenu le spécialiste mondial et incontesté.

« C’était un grand scientifique et un homme extraordinaire dont l’oeuvre et l’héritage vivront encore de nombreuses années », ont déclaré avec raison ses trois enfants Lucy, Robert et Tim. Depuis le grand Albert Einstein lui-même, dont l’annonce de la mort en 1955 avait fait la une de tous les grands quotidiens de l’époque, aucun autre scientifique n’aura peut-être autant marqué l’imaginaire collectif que l’astrophysicien britannique.

Avec le mathématicien Alan Turing (britannique lui aussi), dont l’action déterminante au cours de la Seconde Guerre mondiale a été portée à l’écran en 2014 dans « The Imitation Game », il est l’un des très rares hommes de science à être devenu aussi un héros de cinéma. Dans le film « Une merveilleuse histoire du temps », sorti en 2015, le jeune acteur Eddie Redmayne, oscarisé, campait son personnage de surdoué des maths menant de front un double combat pour lutter contre la maladie dégénérative et décrypter les mystères cachés dans les profondeurs de l’univers. Et aucun autre que lui n’était capable de remplir un stade de 15.000 personnes venues l’écouter parler des trous noirs ou de la physique quantique.

Né à Oxford le 8 janvier 1942, S. Hawking se passionne très tôt pour les mathématiques. Malgré le choc que constitue en 1963 l’annonce de sa maladie, il continue de mener à bien ses études de physique et d’astronomie et concentre ses recherches sur les trous noirs. La décennie suivante le verra réaliser quelques-unes des principales percées autour desquelles continuent de tourner, quelque quarante ans plus tard, toutes les recherches actuelles en physique théorique. Sa découverte la plus étonnante a été, en 1975, celle que les trous noirs s’évaporaient. On pensait jusqu’à cette date que rien – pas même la lumière – ne pouvait s’échapper de ces vestiges d’étoiles géantes s’étant effondrées sur elles-mêmes, créant un champ gravitationnel tellement puissant qu’il en déchire littéralement la toile de l’espace-temps.

Mais, cette année-là, S. Hawking comprend que ce n’est pas une vision tout à fait exacte des choses. Car, à la surface d’un trou noir, d’étranges phénomènes quantiques sont à l’oeuvre, qui se traduisent par l’émission d’un rayonnement. Les trous noirs ne sont pas vraiment noirs – mais plutôt gris – puisqu’ils rayonnent à une certaine température, appelée précisément « température de Hawking ».

Un coup de tonnerre dans le ciel de l’astrophysique et de la cosmologie. D’autant que ce résultat se révèle bien vite avoir une implication qui va plonger les chercheurs dans un abîme de perplexité – dont ils ne sont toujours pas sortis. Et c’est une nouvelle fois S. Hawking qui tire l’affaire au clair. L’année suivante, en 1976, il publie un nouvel article dans lequel il explique que les trous noirs, à force de s’évaporer, doivent nécessairement finir par disparaître purement et simplement. Autrement dit, les trous noirs eux-mêmes vivent et meurent, comme les étoiles géantes qui leur avaient donné naissance. Mais cela pose un problème majeur contre lequel continue de buter la physique théorique quarante-deux ans plus tard, et qui constitue sans doute la question la plus brûlante de ce domaine de recherche.

Ce problème est connu sous le nom de « paradoxe de l’information des trous noirs ». Pour un physicien, il est toujours possible, non pas en pratique mais en théorie, de retrouver l’information contenue dans un objet, même si vous faites subir à cet objet le traitement le plus destructeur. Jetez un tome d’une encyclopédie au feu. Il va être réduit en cendres et l’information contenue dans ce tome apparemment perdue. Mais « apparemment » seulement. Car, sur le papier, cette information pourrait être reconstituée en déroulant le film des événements à l’envers, depuis le petit tas de cendres jusqu’au livre encore intact, atome par atome. L’information n’est donc pas réellement perdue : seulement devenue inaccessible, car en pratique nous ne sommes pas capables de reconstituer un processus aussi compliqué atome par atome. C’est une nuance, mais elle est de taille.

Mais il n’en va pas de même quand un trou noir disparaît purement et simplement après s’être évaporé durant des milliards d’années. C’est même le seul cas connu dans lequel l’information pourrait être réellement et définitivement perdue. Un véritable sacrilège contre toutes les lois de la physique. Malgré de nouvelles avancées théoriques, dues notamment au physicien argentin Juan Martín Maldacena, la question n’est toujours pas tranchée. Et beaucoup parmi les chercheurs y voient le sésame de la future « théorie du tout », celle qui leur permettra d’unifier enfin les deux théories maîtresses mais inconciliables entre elles sur lesquelles s’est construite toute la physique moderne, la relativité générale et la mécanique quantique.

De l’avis des scientifiques, ces résultats obtenus au milieu des années 1970 auraient valu le prix Nobel à Stephen Hawking s’ils avaient pu être expérimentalement confirmés. C’est l’une des rares distinctions scientifiques qui échappera au physicien. Mais nombre de ses pairs s’accordent à penser qu’il la méritait, sans doute plus que beaucoup d’autres l’ayant effectivement obtenue.

D’autant qu’en lui, le physicien de très haut vol se doublait d’un vulgarisateur d’immense talent. Tout en poursuivant ses travaux sur les origines de l’Univers, Stephen H. publie en 1988 « Une brève histoire du temps », afin d’expliquer au grand public les grands principes de la cosmologie,  du Big Bang à la théorie des cordes. Plus de 9 millions d’exemplaires de vendus.

Stephen Hawking, qui poursuivra sa mission évangélisatrice au travers de ses ouvrages ultérieurs (« L’Univers dans une coquille de noix » en 2001, « Y a-t-il un grand architecte de l’univers ? » en 2011), devient alors l’incarnation populaire du scientifique, multipliant les interventions médiatiques pour promouvoir la recherche. Il se prête aussi volontiers aux apparitions dans le « show-business ».

Il jouera ainsi son propre rôle dans des séries comme « Star Trek », « The Big Bang Theory » et « Les Simpsons », signe des livres pour enfants avec sa fille Lucy (la série de romans jeunesse « George » parus entre 2007 et 2014), « chante » avec sa voix synthétique aux côtés de U2, Pink Floyd et même des Monthy Python…

Des apparitions qui achèveront de façonner la célébrité du physicien.

Espoirs et peurs de S. Hawking

– Les risques de l’intelligence artificielle : « La création de l’intelligence artificielle serait le plus grand événement de l’histoire de l’humanité. Mais il pourrait aussi être l’ultime. (…) Une telle forme d’intelligence pourrait s’émanciper et même améliorer sa propre conception à une vitesse toujours croissante. Les humains, limités par leur évolution biologique lente, ne pourraient pas rivaliser, et seraient détrônés.«

–  Interdire les robots tueurs : « Les armes autonomes sont décrites comme la troisième révolution de la guerre, après la poudre à canon et l’arme nucléaire.  » » La question clé aujourd’hui pour l’humanité est de savoir s’il faut engager une course aux armes dotées d’intelligence artificielle ou s’il faut l’arrêter dès le départ. Si une grande puissance militaire venait à développer de telles armes, cette course mondiale serait inévitable. » (déclaration commune)

– L’existence des extraterrestres : « Plus je vieillis, et plus je suis absolument convaincu que nous ne sommes pas seuls dans l’Univers. Après une vie de réflexion, j’aide à mener un nouvel effort mondial pour en découvrir plus (…). Le projet Breakthrough Listen analysera le million d’étoiles les plus proches, pour trouver des signes de vie.«

Les dangers d’une prise de contact : « Si les extraterrestres viennent nous rendre visite, la situation sera sûrement la même que quand Christophe Colomb a débarqué en Amérique. Les choses n’ont pas vraiment bien tourné pour les autochtones. Des extraterrestres aussi évolués pourraient être devenus nomades, cherchant à conquérir et à coloniser n’importe quelle planète qu’ils trouveraient sur leur chemin. »

–  La Terre bientôt inhabitable : « D’ici 2600, la population mondiale se retrouvera épaule contre épaule et la consommation d’électricité transformera la Terre en une boule de feu.«  « Avec le changement climatique, les chutes d’astéroïdes, les épidémies et la croissance effrénée de la population, la vie sur notre planète devient de plus en plus précaire. »

– Développer des technologies pour des voyages interstellaires : « Sans de nouvelles méthodes de propulsion, nous ne pouvons tout simplement pas aller très loin (…) La lumière est la technologie la plus accessible. »

–  Coloniser d’autres planètes :  « La meilleure chance de survie de l’humanité est de bâtir des colonies dans l’espace. » « L’humanité doit maintenir sa présence dans l’espace et sur d’autres planètes si elle veut survivre. »

 

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