Droits des femmes : Trop grande lenteur vers l’égalité, estime l’OCDE

Droits des femmes : Trop grande lenteur vers l’égalité, estime l’OCDE
Droits des femmes : Trop grande lenteur vers l’égalité, estime l’OCDE

Selon l’OCDE, les pouvoirs publics de tous les pays se préoccupent davantage de l’égalité entre les femmes et les hommes, mais les progrès pour atteindre cet objectif sont trop lents et inégaux.

 

Malgré les réformes que de nombreux de pays ont mises en œuvre pour promouvoir l’égalité entre les sexes, avec des règles et réglementations novatrices dans de nombreux cas, les femmes et les filles continuent de subir des discriminations sous l’effet de normes sociales et culturelles profondément ancrées. Beaucoup reste ainsi à faire pour renforcer les droits des femmes, les possibilités qui s’offrent à elles, ainsi que leur participation à la vie publique et leur accès aux postes à responsabilités.

C’est  ce qui ressort du Rapport mondial 2019 sur l’Indice Institutions sociales et égalité femmes-hommes (ISE), rendu public lors des manifestations organisées par l’OCDE dans le cadre du Mois de mars sur la parité, afin de marquer la Journée internationale des droits des femmes. Selon le rapport, la perte de revenu imputable à la discrimination sexiste est estimée, pour l’ensemble du monde, à 6 000 milliards USD, soit 7.5 % du PIB mondial.

Le second rapport de l’OCDE présenté à l’occasion et intitulé Forward to Gender Equality: Mainstreaming, Implementation and Leadership,  montre que dans les pays avancés, l’influence des stéréotypes et des préjugés sexistes tenaces sur l’élaboration des politiques et les décisions budgétaires a pour effet d’entraver les progrès. Alors que les femmes représentent plus de la moitié des salariés du secteur public, elles sont encore trop peu nombreuses à y occuper des postes de direction et de décision.

La transformation numérique risque maintenant de créer de nouvelles fractures. Pour Gabriela Ramos, Directrice du Cabinet du Secrétaire général de l’OCDE, Sherpa pour le G20 et responsable des travaux sur l’égalité femmes-hommes : « Malgré une prise de conscience mondiale du fait que l’égalité entre les femmes et les hommes constitue une priorité urgente, nous avançons trop lentement dans la réduction des écarts qui les séparent et, dans certains pays, ceux-ci se sont même creusés. Nous devons faire plus et mieux. Nous devons nous montrer plus judicieux dans la façon dont nous concevons et appliquons nos politiques, et être davantage tenus responsables des résultats que nous obtenons, sans quoi nous allons peut-être attendre encore 200 ans avant de parvenir à l’égalité entre les sexes. » Le rapport sur l’Indice ISE, qui couvre 180 pays, constate que dans l’ensemble du monde, 33 % des femmes ont été victimes de violence domestique, mais que, fait encourageant, celle-ci est de moins en moins acceptée par la société.

La proportion de femmes qui déclarent que la violence domestique est acceptable dans certains cas a ainsi fortement diminué, passant de 50 % en 2012 à 37 % en 2014 et à 27 % en 2018. Depuis le dernier rapport sur l’Indice ISE, paru en 2014, 15 pays ont adopté des textes de loi qui pénalisent la violence domestique : celle-ci est maintenant sanctionnée dans 132 pays, contre 48 où elle ne l’est pas.

Quinze autres pays ont supprimé les dérogations légales qui rendaient possible le mariage des filles de moins de 18 ans, et huit pays ont pris des mesures législatives pour renforcer la parité dans l’accès aux mandats électifs. Tous les pays, sauf deux la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les États-Unis garantissent désormais un congé maternité rémunéré.

Le rapport Fast Forward to Gender Equality, qui fait le point sur la mise en œuvre, dans les pays de l’OCDE, de la Recommandation de 2015 de l’Organisation sur l’égalité hommes-femmes dans la vie publique, constate qu’en moyenne, les femmes occupent aujourd’hui 29 % des sièges du parlement et 28 % des postes ministériels. En tête arrivent notamment la Lettonie, où le nombre de femmes détenant un mandat électif a presque doublé pour atteindre la proportion de 31 %, et la France, où 40 % des parlementaires sont des femmes. Des progrès analogues ont été observés en Irlande, en Italie, au Mexique et en Espagne, où deux tiers des postes ministériels du dernier gouvernement étaient occupés par des femmes.

Certes, toutes ces moyennes masquent d’importantes divergences entre les pays participants. Du côté des constats négatifs, les femmes travaillant dans les administrations publiques restent surreprésentées dans les catégories d’emplois de niveau inférieur. Elles détiennent en moyenne moins d’un tiers des postes de direction dans la fonction publique et représentent 75 % des effectifs à temps partiel du secteur public. Le rapport donne des indications sur l’utilisation d’outils tels que les quotas légaux ou les quotas volontaires et la budgétisation sexospécifique – qui permet de suivre les dépenses favorisant l’égalité femmes-hommes – dans le but d’améliorer la participation des femmes à la vie publique.

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