« Drone de guerre » dans le détroit d’Ormuz: Washington et Téhéran jouent au chat et à la souris…
« Drone de guerre » dans le détroit d’Ormuz: Washington et Téhéran jouent au chat et à la souris…

Dans la guerre des images, il faut croire que les Mollahs dament le pion aux géniteurs d’Hollywood.
La preuve, l’armée iranienne a montré les restes du drone US abattu par sa DCA alors que le Pentagone s’est contenté d’affirmer avoir descendu un drone iranien, ce que Téhéran s’est empressé de démentir.
De quoi cette « drone de guerre » est-elle le nom ?

La marine US a signalé qu’un drone aurait été abattu jeudi 18 juillet, comme l’affirme Washington. Ce que l’Iran a vite démenti en assurant que tous ses appareils en activité dans le Golfe d’Ormuz sont rentrés à la base, sains et saufs.

Qui croire ? Les Iraniens qui, le 20 juin dernier, avaient abattu un drone américain qui se trouvait, selon Téhéran, dans leur espace aérien et en fournissant un luxe de preuves ?
Ou encore les Américains qui assurent que le drone iranien qui s’était approché d’un navire américain dans le détroit d’Ormuz avait été ciblé par un missile ?
Quoi qu’il en soit, la situation dans le Golfe reste des plus explosives depuis deux mois. Et ce n’est pas pour rien que le président américain Donald Trump, passé pour maître dans le poker menteur, a tenu lui-même à annoncer ce haut fait d’arme. Selon lui, le drone iranien s’est approché à moins de 1 000 mètres du navire amphibie USS Boxer, qui a entrepris « une action défensive ». « Le drone a été détruit immédiatement », a-t-il déclaré.
Le langage guerrier que nourrit le locataire de la Maison Blanche n’est pas innocent en soi. Dans la mesure où il cherche à compenser le déficit de crédibilité dont pâtit l’hyper-puissance en déclin. En suralimentant la tension…

En face, l’Iran semble plus mesurée dans ses réactions. « En dépit des allégations délirantes et sans fondement de Trump, tous les drones [envoyés] dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz, y compris celui auquel pense le président américain, sont biens rentrés à leur base », a déclaré le général de brigade et porte-parole des forces armées Abdolfazl Shékarchi, cité par l’agence Tasnim.
Un peu plutôt, le vice-ministre des Affaires étrangères avait affirmé que peut-être le navire américain avait abattu par erreur un de leurs propres drones.
La région du Golfe et du détroit d’Ormuz, par où transite le tiers du pétrole qui irrigue la planète, se retrouve au cœur de vives tensions géopolitiques, entre l’Iran et les États-Unis. Ces derniers ne savent plus à quel saint se vouer pour gérer le différend qui les oppose à Téhéran depuis que D. Trump a décidé de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien tout en renforçant davantage les sanctions économiques.

Depuis mai, l’Iran a commencé à s’affranchir de certains de ses engagements pour, dit-il, forcer ses partenaires à prendre des mesures garantissant ses intérêts et permettant de préserver l’accord.
Les Mollahs ont en tout cas été clairs dans leur réplique après l’incident du 20 juin.
Ils ont promis aux Américains, en cas d’attaque sur leur sol, de riposter avec la fermeté qu’exige la situation. Quitte à embraser la région.

Aujourd’hui, Washington cherche à former une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le Golfe.
Le chef du commandement central américain Kenneth McKenzie s’est engagé jeudi 18 juillet à agir « énergiquement » pour assurer la sécurité du transport maritime dans le Golfe, lors d’une visite sur une base aérienne en Arabie saoudite, grande rivale de l’Iran dans la région.

La question qui se pose serait de savoir qui suivrait Washington dans cette nouvelle quête après l’échec essuyé depuis Varsovie lorsque ses diplomates ont cherché à monter une coalition militaire arabe identique à l’OTAN.
Devant une commission du Sénat américain, Mark Milley, le nouveau chef d’état-major de l’armée des États-Unis, a confirmé la création d’une coalition militaire pour agir dans la zone.
« La liberté de navigation est un principe fondamental et une norme pour l’ordre international qui est en place depuis 70 ans. Nous jouons un rôle crucial dans l’application cette norme. Avec cette coalition, nous voulons fournir une escorte militaire navale aux navires commerciaux. Cela devrait être mis en place dans les prochaines semaines », a annoncé Mark Milley.
Le général Dunford, prédécesseur de Mark Milley, a expliqué comment pourrait fonctionner cette potentielle coalition: les États-Unis s’occuperaient de la surveillance maritime et fourniraient les connaissances nécessaires. Mais en mer, chaque nation escorterait les bateaux qui naviguent sous son drapeau.

Face à cette situation inquiétante, le ministre russe des Affaires étrangères a mis en garde contre un éventuel conflit aux conséquences «imprévisibles et dévastatrices».
Pour lui, la tension accrue autour de l’Iran est le résultat de la politique américaine. Ajoutant que le renforcement de la présence navale US dans la région augmente le risque d’un affrontement armé.
«La montée actuelle de la tension autour de l’Iran est le résultat direct de la stratégie imprévoyante et dangereuse choisie par l’administration américaine», a déclaré Sergei Lavrov.
Laquelle conduit aussi à l’étouffement de l’économie iranienne par l’administration Trump.

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