Du thé, vert de pesticides: Un dernier pour la route?

Du thé vert de pesticides: Un dernier pour la route?

C’est du sérieux ! Notre confrère « Tel Quel » a réalisé une enquête dans les règles de l’art sur le thé écoulé dans nos échoppes avant de transiter vers nos vessies. Des échantillons du thé vert importé pour l’essentiel de Chine ont été analysés ailleurs que dans nos laboratoires pour s’assurer d’une crédibilité à toute épreuve. Résultat des courses, les résidus de produits phytosanitaires dépasseraient les normes et du coup menaceraient la santé des citoyens qui en consomment. Pour vous la faire court, le danger des pesticides se mesure à l’aune de ses risques… cancérigènes !

Tout cela, il ne faut pas croire, l’administration en est bel et bien consciente. Même si un responsable de l’ONSSA a jugé bon de se manifester avant la publication de l’enquête en question (car les résultats ont été transmis audit établissement public pour les commenter) pour rassurer quant à la qualité du « breuvage national ». En effet, l’alerte, pour ceux qui l’ignorent, a été bel et bien donnée par l’ONSSA il y a quelques années de cela. Provoquant des réunions d’urgence au siège du ministère de l’Agriculture. Surtout que les analyses menées par les « techniciens » de l’Office avaient abouti à la dangerosité du thé vert importé. Si les importateurs de thé ont cherché en bloc  à minorer l’alerte, chaude, des experts de l’ONSSA, devant la pression du scandale qui couvait, une autre étude avait été commanditée pour y voir plus clair. Résultat des courses, la deuxième analyse ressemblait, dans ses conclusions, à la première. Attestant de la présence de pesticides dans les divers échantillons de thé passés au crible.

Et c’est là où l’affaire devient cocasse au vu des milliards de dirhams que brasse le secteur annuellement. Que faire alors ? Sursoir audit commerce au risque d’assister à une levée de boucliers de la part des consommateurs ? Priver les entreprises de leur gagne pain ? Condamner les importateurs de thé à « réparer » les dégâts causés à autrui ?

Le drame dans cette sombre histoire est que les responsables ont vite fait de trouver l’imparable solution : mettre sous le tapis ce scandale des plus retentissants. Surtout que les importateurs ont développé un argumentaire des plus convaincants en signalant aux uns et aux autres que l’importation d’un thé de qualité (à entendre répondant aux normes sanitaires ) s’accompagnerait de répercussions sur les prix de vente au public. Et comme le thé vert est un breuvage national et populaire, mieux vaut laisser les choses en l’état. Voilà la réalité que « Perspectives Med » avait laissé entendre en marge de ces réunions entre responsables de l’administration et importateurs de thé.

Si l’enquête de notre confrère fait déborder le verre, tant mieux ! Surtout que l’on croit savoir que la justice sera saisie de ce sordide dossier par la Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC). Y verra-t-on plus clair dans le mortel magma qui infuse dans nos théières ?

N.B :
Comme une théière n’est jamais bonne à consommer sans menthe, il est de bon ton de dénoncer aussi le double risque que constitue notre traditionnel « thé à la menthe » pour la santé des consommateurs. Surtout lorsqu’on sait le mauvais usage que l’ont fait des pesticides pour faire pousser la menthe dans les divers terroirs. Car on est loin de la culture bio et de ses vertus.  

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