El Othmani ne s’est pas rendu à Zagora: A-t-on soif de problèmes?

El Othmani ne s’est pas rendu à Zagora: A-t-on soif de problèmes?

La politique de proximité a ses règles qu’un politique ne devrait pas ignorer. Et à leur tête le chef de l’Exécutif qui, on ose le croire, s’est rendu à Errachidia, là où siège la Région présidée par le PJD, pour « boucler » son quatrième périple régional, sans pousser jusqu’à Zagora, même en hélicoptère. Pourtant, Saad Eddine El Othmani a été interpellé par le Roi pour œuvrer à dégager les solutions idoines pour éviter au Maroc de vivre les affres du stress hydrique, réalité désormais structurelle dans les régions oasiennes, mais pas que !

Bien sûr, rien ne semblait « urger » à ce point pour faire un saut de puce d’Errachidia à Zagora pour porter la bonne parole à une population qui vit au quotidien le manque stressant en eau potable. Il s’est contenté de la réunion de la capitale du Tafilalet pour annoncer la programmation d’un barrage dans trois ans pour éponger le déficit hydrique dont pâtit la vallée du Draa. Pourtant, le patron de l’Exécutif ne pouvait ignorer que la population de Zagora, excédée par des robinets qui tournent à vide, a osé marcher sur le siège de la province pour protester contre le manque d’eau. Car il avait lui-même réuni son Exécutif pour débattre, entre autres, de la pénurie qui affecte plusieurs régions du pays. Résultat des courses, les gens de Zagora qui n’ignorent pas ce qui se passe autour d’eux n’ont pas hésité l’ombre d’une seconde à battre le pavé pour exiger l’accès à l’eau. Une contestation qui n’aurait pas plu aux représentants de l’autorité locale qui ont opté plus pour la trique que pour le dialogue avec la population lésée dans au moins un de ses droits fondamentaux !

Qu’en penser dès lors lorsqu’on sait qu’une vingtaine de protestataires, enfants et adolescents en majorité, ont été arrêtés pour « vandalisme » ? Tout simplement ceci : l’Exécutif peine à trouver ses marques dans la mise en place d’une réelle politique de proximité. Ses dignes représentants fuient toute rencontre avec le petit peuple pour se réfugier dans ce qu’il convient d’appeler de dialogue institutionnel avec les représentants de la population. Et via cette politique finit par déteindre sur les autorités locales, outils qui assurent le prolongement de l’Etat, qui se blindent dans le silence et l’emmurement. Déplorable ! Surtout lorsqu’on entend bien des responsables pérorer sur la démocratie participative et ses vertus inclusives. La femme qui a été piétinée à Zagora, dimanche dernier, n’a pas vu venir le coup de la démocratie locale. Pauvre d’elle ! Voilà comment le pays, avec ses responsables, fabrique et nourrit les problèmes sociaux qui, avec le temps, se transforment en manifestations politiques qui rejettent tout. L’exemple d’Al-Hoceima n’aura servi à rien. Dommage pour le Draa, cette région où la dignité de l’homme ne se déprécie guère…

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici