Enjeux de la COP 22 : Les climatologues échaudés…

Enjeux de la COP 22 : Les climatologues échaudés…
Des membres du GIEC sont inquiets et le font savoir. La hausse des températures sur la Terre s’accélère et « il est nécessaire de doubler, voire tripler les efforts », pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, ont alerté sept éminents climatologues. La température moyenne sur la planète pourrait grimper de deux degrés Celsius par rapport à l’ère pré-industrielle dès 2050, ont-ils assuré jeudi. L’objectif actuel des dirigeants mondiaux est de ne pas aller au-delà de cette limite d’ici la fin du siècle pour éviter les pires effets du changement climatique, comme une forte montée du niveau des océans et une plus grande fréquence des événements météorologiques extrêmes.
Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme dans un communiqué de sept pages qui résume une nouvelle analyse détaillée intitulée : « La vérité sur le changement climatique ». « Le réchauffement se produit maintenant et beaucoup plus vite que prévu », a insisté Robert Watson, ancien président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), porte-parole de ces sept scientifiques issus de plusieurs pays.
Un troisième record consécutif sera battu par la planète en cette année de chaleur depuis le début des relevés de température en 1880. « Sans efforts supplémentaires par tous les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, l’objectif de limiter la hausse de température à 2 °C pourrait même être atteint encore plus tôt », a-t-il prévenu. À la conférence de Paris, les 189 pays signataires de l’accord ont été encore plus ambitieux en fixant la barre à 1,5 °C.
Mais en 2015 la température moyenne sur le globe était déjà montée 1 °C au-dessus de celle de l’ère pré-industrielle au XIXe siècle, selon l’Organisation météorologique internationale. Cela représente une hausse importante en l’espace de seulement trois ans : la progression n’était en 2012 que de 0,85 °C au-dessus de la période pré-industrielle. Et le nombre de phénomènes climatiques extrêmes liés au réchauffement comme les sécheresses, incendies de forêt, inondations et ouragans, a déjà doublé depuis 1990, relèvent ces experts.
Le groupe d’experts doute que les engagements de l’accord de Paris pour réduire les émissions de CO2 se concrétisent pleinement, étant donné l’absence d’un mécanisme légal contraignant et que 80 % des pays sont dépendants de l’octroi d’une aide financière et d’une assistance technique par les nations les plus riches. De surcroît, « des mesures politiques seront requises dans tous les pays pour entériner ces engagements, ainsi que l’adoption de réglementations et d’incitations pour les mettre en œuvre au niveau national », a souligné l’Italien Carlo Carraro, co-président du Groupe de travail III du Giec.
Pour rester sous les 2 °C, les émissions globales de CO2 devront être nulles d’ici 2060 à 2075, rappellent ces scientifiques, un objectif qui paraît compliqué étant donné que 82 % de toute l’énergie mondiale provient à l’heure actuelle de la combustion du pétrole (31 %) du charbon (29 %) et du gaz naturel (22 %).

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