Etat d’urgence en Tunisie : Les boulets du djihadisme

L’état d’urgence décrété sur l’ensemble du pays pour la première fois depuis le 5 mars 2011 par le président tunisien est appelé à durer. Ce qui inquiète nombre de militants des droits de l’homme échaudés déjà par l’entrée en lice de la loi antiterroriste. Pour justifier une telle décision, Béji Caid Essebssi avait indiqué que « la Tunisie est en état de guerre, exigeant des moyens appropriés et une large mobilisation populaire, dans le respect des libertés. » Endiguer les graves menaces de Daech après le carnage de Sousse est l’une des priorités du chef de l’Etat qui, dans une adresse télévisée à la nation, avait souligné que « si la catastrophe de Sousse se répète, l’Etat risquerait de s’effondrer ! ». L’aggravation de la crise en Libye, dont il déplore les risques de partition et ses conséquences, est jugé comme un facteur aggravant.
Cette reprise en main de la situation par le pouvoir s’accompagne d’un tour de vis répressif contre les médias. Pas moins de trois journalistes ont comparu devant la justice, dans des affaires distinctes, avec des chefs d’accusation allant du « complot contre la sûreté de l’Etat » à la «diffamation et attribution d’actes illégaux à un fonctionnaire de l’Etat.» Les journalistes, présents en grand nombre, ont organisé un sit-in devant le tribunal de Tunis pour protester contre cette décision abusive qui met à mal la liberté de la presse dans le pays.
La tension reste vive dans le pays de la «Révolution des jasmins» où la crise socio-économique qui sévit. Ce qui donne lieu à des mouvements de protestation qui n’en finissent pas. Cela sans parler des plaies démocratiques encore ouvertes depuis l’assassinat de deux figures de proue de la gauche tunisienne.

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