Face à une France anxiogène : L’elysée accroché aux miracles !

Face à une France anxiogène : L’elysée accroché aux miracles !
Avec un retournement de situation conjoncturel, l’Exécutif croit aux miracles. Et conjugue dans tous les temps « ça va mieux » ! Mais la grammaire politique qui sanctionne est aussi faite de la colère non feinte des Français et de la courbe des sondages qui s’en accommode. L’expérience social démocrate ne tient plus qu’à un fil…
Assurément, les dirigeants français n’arrivent pas, ces derniers temps, à se départir de la méthode Coué. Ils ne cessent de clamer haut et fort que «ça va mieux » sur tous les supports médiatiques pourvu que leur message devienne audible dans la cacophonie qui a caractérisé la communication gouvernementale depuis l’avènement de François Hollande à l’Elysée. Cet élément de langage, soufflé à coup sûr par les communicants des deux têtes de l’Exécutif, insiste sur les deux dernières publications du marché de l’emploi et des statistiques de l’INSEE sur la croissance. Attendue depuis des mois, une baisse sensible de la courbe du chômage semble se dessiner au moment où l’investissement repart et que les déficits semblent marquer le pas. A l’évidence, ça va mieux… mais. L’exception est loin d’être exclusivement française. Bien au contraire. Nos voisins et autres pays de l’OCDE collectionnent des chiffres bien meilleurs et ce depuis des mois. Alors au-delà de la fanfaronnade somme toute de bon aloi de la part des politiques, il est un pas que les économistes de droite et de gauche ne semblent nullement vouloir franchir. Tous invitent à la prudence, tellement la conjoncture mondiale reste volatile, pour ne pas dire versatile. Hier, c’est le prix du baril en chute constante qui a relancé partiellement la croissance, aujourd’hui, le prix à la pompe est reparti à la hausse.
Quant le mauvais sort s’acharne
La France, première destination touristique mondiale est, semble-t-il, boudée par les visiteurs étrangers suite aux attentats qui l’ont frappé au cœur, à Paris. Mais pas seulement. Un climat anxiogène règne dans le pays marqué par les « Nuits Debout » et autres débrayages. Même l’Euro-foot qui commence dans quelques jours est loin de faire la « Une » cédant la place aux diatribes sur la situation sécuritaire, encore et encore, et sur les déclarations de Cantona, Debbouze et Benzema portant sur les raisons de l’absence pour le moins étonnante de faciès français d’origine maghrébine dans l’équipe de France. Les trois pointant un racisme latent au sein du staff dirigeant. Là aussi on est bien loin de la devise « Black, Blanc, Beur» de 1998.
Depuis l’arrivée de François hollande en 2012, un vent d’optimisme a semblé souffler sur la France malmenée par l’agitation effrénée de Nicolas Sarkozy qui a aggravé les effets de la crise de 2008. Le slogan de campagne « le changement, c’est maintenant » a fait pschitt pour paraphraser un autre corrézien qui dirigea le pays pendant 12 ans. Les Français ont très vite déchanté. Les équipes montées avec Ayrault et Valls n’ont ni vision ni visibilité. Leurs stratégies, aussi tenté que l’on puisse qualifier leurs politiques d’une quelconque conduite méthodique des affaires du pays, sont courtermistes. Pire encore, elles sont loin de refléter la ligne politique choisie par la majorité des Français qui les a portées au pouvoir. En plus d’une politique de droite non assumée, on navigue à vue.
Entre démissions forcées ou voulues, la valse des ministres n’a jamais cessé. Arguant de la maxime « un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne », ils furent nombreux à déserter les bancs de l’Exécutif. Les poids lourds de la gauche sont tous partis. La sortie la plus emblématique fut celle de Christiane Taubira qui, ayant avalé des couleuvres au nom de la solidarité gouvernementale et de la fidélité envers l’hôte de l’Elysée des mois durant, n’a pas supporté la proposition de révision constitutionnelle portant sur la déchéance de la nationalité et a préféré jeter l’éponge en cohérence avec les idéaux qu’elle a défendu depuis toujours.
Même si la défense du territoire et du citoyen est légitime et nécessaire, l’option du tout sécuritaire est un mauvais choix. L’urgence sécuritaire semble aveugler le tandem de l’Exécutif. Jusqu’à quand va-t-on reconduire l’état d’urgence mobilisant les forces de l’ordre au-delà de leurs capacités physique et morale ? Les dérapages auxquels on assiste, comme la charge brutale des policiers sur des journalistes, ou encore des collégiens bretons mécontents de la fermeture programmée de leur collège, est un exemple parmi tant d’autres en matière de « bavures policières ».
Même le ciel gronde…
Depuis trois mois la France vit au rythme de manifestations, de grèves et de Nuits debout contre la loi El Komri.
La « souplesse » que veut donner cette loi au code du travail s’ajoute aux milliards d’Euros distribués sans réelle contrepartie au patronat n’ont jamais été actés dans le programme de François Hollande, le candidat dit et autoproclamé du changement. Aujourd’hui, de reniement en reniement, il est en bas des sondages et même s’il doit prier pour que la courbe du chômage continue son fléchissement, les Français ne semblent pas, loin s`en faut, vouloir lui accorder leur confiance de nouveau. Dans la dernière enquête sur les intentions de vote en 2017, il ne recueille qu’une maigre moisson. En effet, le sondage singulier par l’ampleur de son panel que l’institut Ipsos a livré il y’a quelques jours est riche en enseignements sur l’état d’esprit des Français à un an des présidentielles. Pour 19 445 personnes interrogées, soit 20 fois plus qu’une enquête habituelle, l’image du Président de la République continue d’être au plus bas. Seuls 14 % des intentions de vote au premier tour lui sont acquises. Il est largement devancé par Nicolas Sarkozy ( 21 % ) et surtout par Alain Juppé ( 35 %). Le score de François Hollande avoisinerait celui de François Bayrou (13%) et Jean-Luc Mélenchon (12%). Plus cinglante est la montée de Marine Le Pen qui obtiendrait un score inédit (28%) qui lui permettrait de franchir aisément le premier tour. Certes, l’échéance de mai 2017 est encore loin, et les primaires aussi bien à droite qu’à gauche n’ont pas livré leur verdict. Mais le doute ronge les rangs de la gauche qui ne voit pas en Hollande un candidat naturel qui porterait ses couleurs. Cette dégradation de l’image de l’Exécutif se mesure à l’aune de la gronde sociale qui ne cesse d’enfler touchant quasiment tous les secteurs d’activité : SNCF, Air France, éducation, santé, énergie, transports routiers, dockers, éboueurs… Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que la France semble s`attirer les foudres du Ciel, noyée par des trombes d’eau depuis des jours. C’est comme si les dieux de la météo manifestaient, eux aussi, leur colère contre la politique menée par ce gouvernement estampillé social-démocrate.
Ce reniement est ravageur pour le parti socialiste et ses satellites. Les échéances électorales s’annoncent saignantes et le sauve-qui-peut a déjà touché les rangs des conseillers qui peuplent l’Elysée comme les autres ministères à la recherche de « planques plus sûres ». A l’évidence, Il y a des signes qui ne trompent pas même si, en politique, rien n’est jamais gagné d’avance.

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