Fâché, Benkirane se lâche: Pompier au pyromane du PJD?

Fâché, Benkirane se lâche: Pompier au pyromane du PJD?

C’est au portail du PJD qu’Abdelilah Benkirane a réservé, en ce mercredi 13 septembre, ses confidences en allant jusqu’à exprimer tout le bien qu’il pense de ses compagnons de route. Le SG de la formation islamiste qui a fini par digérer (mal) son débarquement de la Primature au profit de Saad Eddine El Othmani, deuxième homme fort du PJD, est mécontent de la tournure prise par les événements au sein de sa formation. Une formation dont on a souvent loué « l’esprit démocratique » qui s’accommoderait de la critique tout en générant in fine le consensus. Le PJD a-t-il été rattrapé par « l’usure du pouvoir » avec ses torts et ses travers ? En tout cas, il n’y a pas d’autre mot pour expliquer l’état de crise actuelle dans laquelle la chapelle islamiste se trouve, ébranlée qu’elle est jusque dans ses fondations, se ce n’est la décomposition.

«J’entends des propos blessants envers ma personne, faux et regrettables prononcés par des gens proches. Mais malgré cela, je m’abstiens de réagir», s’est-il confié devant des membres du parti venus lui rendre visite. Quelles leçons en a donc tiré l’homme fort du PJD à qui l’on prête la volonté de briguer un autre mandat, le 3ème du genre qui en ferait une première dans les annales de la formation islamiste ? Le leader islamiste tire des conclusions qui en disent long sur le processus de descente aux enfers qu’il voit déjà arriver à grande vitesse. «Quand de simples divergences se créent entre nous, nous devenons préoccupés et nous réagissons de manière déraisonnable. Ceci est la preuve que nous ne méritons pas d’occuper les postes, les positions et les responsabilités que nous assumons actuellement. Nous devons être dans des niveaux plus bas…»

Dans cette autocritique qui s’apparente à une auto-flagellation, A. Benkirane fustige la montée en puissance de l’opportunisme au sein du PJD. La course aux postes de responsabilité qui avaient émaillé les tractations pour la constitution de la majorité aux affaires est symptomatique de cet état délétère. Et cela transparaît encore et toujours à l’occasion de chaque étape qui met aux prises l’Exécutif au législatif. La fronde des élus Pjdiste rappelle aux uns et aux autres que c’est en se faisant violence que cette première force politique a fini par accepter les termes du marchandage politique.

En se fendant de tout ce chapelet de reproches, A. Benkirane cherche à ménager plus son aura qu’autre chose. En médisant des autres, tous les autres, il s’arroge la place qui revient au preux chevalier blanc… Toujours capable de chevaucher dans ce qu’il considère comme désert politique propice aux barouds d’honneur dont il use et abuse. S’il confie attendre «le jour où les frères reprendront de moi le flambeau pour confier la responsabilité du secrétariat général à une autre personne en toute quiétude et dans la sérénité pour le parti», il faut croire que sa récente sortie n’est pas pour arranger une quelconque transition à l’amiable. Car on ne jette pas de l’huile sur le feu si on s’évertue à vouloir jouer au pompier…

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