Farine de poisson: Ce que recommande Greenpeace pour l’Afrique
Farine de poisson: Ce que recommande Greenpeace pour l’Afrique

Considérée comme une véritable menace pour la biomasse marine, l’industrie de la farine et de l’huile de poisson doit être purement et simplement sacrifiée. C’est ce que recommande Greenpeace aux pays d’Afrique de l’Ouest.

L’industrie de la farine et de l’huile de poisson est une véritable menace pour les réserves halieutiques de la région, essentielles à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance des populations locales, comme le démontre le rapport publié récemment par Greenpeace.

Intitulé « Poisson détourné – La sécurité alimentaire menacée par l’industrie de la farine et de l’huile de poisson en Afrique de l’Ouest », ledit rapport soulève de sérieuses inquiétudes quant à l’essor de cette industrie en Mauritanie, au Sénégal et en Gambie.
Les trois espèces de poissons utilisées pour la fabrication d’huile et de farine, indispensables à la sécurité alimentaire de ces pays, sont déjà surexploitées.
La sardinelle ronde et plate, et l’ethmalose d’Afrique sont de la sorte des espèces massacrées.

« Des centaines de milliers de tonnes de poissons sont transformées en farine ou en huile pour l’exportation — au détriment d’environ 40 millions d’Africaines et d’Africains. Les gouvernements des pays d’Afrique de l’Ouest doivent protéger les stocks halieutiques de la région. Leur priorité doit être de défendre le droit à la sécurité alimentaire de leurs citoyens, en réduisant rapidement les volumes de poisson destinés à la production d’huile et de farine », déclare Ibrahima Cissé, responsable de la campagne Océans de Greenpeace Afrique.

« Des décennies de surpêche et d’incurie gouvernementale ont entraîné la dégradation des réserves halieutiques régionales. Aujourd’hui, avec le développement de l’industrie de la farine et de l’huile de poisson, le problème atteint un seuil critique : le poisson est détourné de l’assiette des populations au profit de fermes piscicoles, porcines ou avicoles dans des marchés lointains. Les produits de la pêche, qui autrefois bénéficiaient aux pêcheurs artisans et aux femmes transformatrices, permettaient de nourrir les familles les plus démunies ; ils sont désormais exportés pour alimenter des exploitations d’animaux d’élevage. Cela n’a pas de sens », ajoute I. Cissé.

Greenpeace a recensé 50 usines de transformation de farine et d’huile de poisson dans la région, dont 40 étaient en activité en mars 2019.
La majorité de la production de ces usines est destinée à l’exportation, principalement dans des pays d’Asie et de l’Union européenne.
En Mauritanie, ces exportations ont doublé entre 2014 et 2018, faisant de ce pays le principal exportateur de farine et d’huile de poisson de la région.
En 2017, on estime que près de 550 000 tonnes de poissons pélagiques ont été pêchées pour approvisionner les usines de transformation mauritaniennes.

L’industrie de la farine et de l’huile de poisson, en plein essor, menace non seulement les stocks de poissons régionaux, mais affecte également les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des populations locales.
Environ 80 % des débarquements de poisson au Sénégal proviennent du secteur artisanal, et le poisson couvre environ 70 % des besoins en protéines animales de la population (plus de 50 % en Gambie).

Greenpeace Afrique demande aux gouvernements des pays d’Afrique de l’Ouest et aux entreprises de faire face à leurs responsabilités en protégeant les précieuses réserves halieutiques de la région, et d’accorder la priorité au respect des droits fondamentaux, à la sécurité alimentaire et à une vie décente pour les pêcheurs artisans et les femmes transformatrices.
« L’assiette des Africaines et des Africains doit passer avant les intérêts des élevages industriels », conclut I. Cissé.

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