Fausses notes à Casablanca: La cacophonie de retour…

Malgré le hashtag #Free Lfen, qui exige l’élargissement des deux musiciens de rue arrêtés à Casablanca, Badr Moutaz et Mehdi Achataoui ont finalement été déférés devant la justice. Non pas pour « tapage nocturne », mais circonstances aggravantes, pour avoir violenté les représentants des forces de l’ordre qui ont fait main basse sur leur matériel (sono et instruments). Autant dire que la Place des Nations Unies est juste propre à répercuter les échos des vrombissements des véhicules qui y circulent ponctués de temps à autre de coups de klaxon rageurs…

Le caïd de l’arrondissement qui a agi conformément à la loi, le voisinage ayant fait pression pour que les musiciens ne les dérangent pas à une heure aussi tardive (c’est à 23heures que les jeunes artistes s’adonnent à cœur joie !), aurait certainement été bien inspiré s’il s’était contenté de saisir le matériel… Sans s’en prendre aux musiciens. Sans quoi, l’image qu’il véhiculerait serait que le pays s’apprête à plonger dans les mœurs des Talibans. Et bien non. Fort de son autorité, laquelle tire sa force des bras musclés déployés pour l’occasion, le panier à salade mobilisé ne pouvait partir sans les « corps » du délit. Le duo Badr-Mehdi doivent s’en remettre aujourd’hui à leur seule étoile. Et s’estimer heureux s’ils s’en tirent avec un sursis et quelques dommages à payer.

En attendant, la grande question qui se pose est liée, elle, à la capacité de la ville et de ses dirigeants à imaginer les espaces dédiés aux artistes. Car il est révoltant que l’on confine les manifestations culturelles dans des zones closes sans pour autant permettre au génie de la jeunesse casablancaise de s’exprimer à même la rue.

La campagne de solidarité à laquelle votre serviteur souscrit de tout cœur doit non seulement réclamer la libération sans conditions des deux musiciens de rue, mais aussi et surtout forcer les « gestionnaires » de la ville à s’ouvrir à l’art dans ses diverses manifestations. En prévoyant des espace ad hoc pour que les jeunes et les moins jeunes puissent laisser libre cours à leurs créations sans déranger personne. Valeur aujourd’hui, rien n’est programmé par la mairie. Quand bien même elle s’est évertuée à véhiculer l’image d’une capitale économique dynamique. Mais sans âme. Heureusement que Jamaa El Fna a vite fait d’intégrer le patrimoine universel…

 

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