Faut-il y croire? Ah que ça pue !

Faut-il y croire? Ah que ça pue !

A Casablanca, qui ne connaît pas Mediouna ? Pas la route, bien sûr, mais l’abcès écologique qui y sévit depuis des décades sans pour autant qu’une solution digne de ce nom ne soit trouvée à cette décharge ? Le ras-le-bol est là, bien installé, dans les esprits des citadins, mais aussi dans les corps qui en portent les stigmates inavouables. Au-delà des mauvaises odeurs que la combustion des déchets induit, d’autres désagréments encore plus graves, puisqu’insidieux, sont à noter. La nappe phréatique en a pris pour son grade depuis que les infiltrations ont dépassé les bornes fixées au seul site. Pour affecter les terres agricoles avoisinant la capitale économique. Dès lors, il ne faudrait pas s’attendre à ce que le consommateur moyen paie le prix fort en achetant des produits agricoles qui doivent être déclarés impropres à la consommation. Mais qui s’en soucie ? Qui se casse la tête devant les alertes lancées par les laboratoires assermentés, comme le LPEE, et le collectif des médecins qui voient défiler devant eux nombre de malades dont le système respiratoire est gravement affecté par les effluves de Mediouna ?

Personne ! Il faut le dire haut et fort. Et soutenir le collectif citoyen qui a osé braver une des séances du Conseil de la ville pour attirer l’attention sur ce « point noir » qui s’ajoutent à d’autres plaies qui distinguent la métropole casablancaise. Messieurs dames, chapeau bien bas !

Reste à convaincre les édiles du bienfondé de la cause défendue. La décharge devant être gérée au mieux de ce que l’expertise internationale offre comme solutions. Car il ne faut pas attendre des conseillers de la ville qu’ils inventent le fil à couper le beurre. L’enfouissement des déchets ménagers du Grand Casablanca peut être mené dans les règles de l’art et permettre même au Conseil de la ville de se faire du beurre à côté. En produisant de l’électricité, par exemple, via un processus de fermentation aujourd’hui hautement nuisible.

Le site, infréquentable aujourd’hui, pourrait même se transformer en Golf de 21 trous et enrichir la capitale d’un autre parcours où il fait bon respirer. Le tout est affaire de volonté. Politique.

Et quand bien même le dossier se révèlerait des plus difficiles à gérer par les autorités locales, que le département que gère aujourd’hui Nezha El Ouafi, ministre qui appartient à la même mouvance islamiste que le Maire casablancais, s’en charge. Au lieu de persister à faire la promotion du Programme national des déchets ménagers devant les diplomates accrédités à Rabat. Ceux-là même qui n’ignorent pas les dégâts de Mediouna lorsqu’ils font la navette vers l’aéroport Mohammed V.

Assez de promesses non tenues. Les citoyens ont marre des flatulences de nos politiques qui vendent du vent. Ils veulent du concret. Oui, Casablanca a les capacités de s’endetter pour que ses habitants vivent bien. Pour peu que les politiques fassent preuve de sérieux. En attendant, Casa pue. Avec le risque de la voir mimer Beyrouth où les manifestants ont brocardé leurs politiques qui « sentent mauvais ». Leur slogan était des plus originaux : « votre odeur assomme ! »

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