Faut-il y croire? Le Pacte de Quincy tangue…

Faut-il y croire Le Pacte de Quincy tangue…
Faut-il y croire Le Pacte de Quincy tangue…

 

Mais ne coule pas !

De la poudre aux yeux ! Voilà ce vers quoi devraient converger toutes les analyses objectives sur l’assassinat du « journaliste » Jamal Khashoggi, découpé en plusieurs morceaux dans l’enceinte même du consulat saoudien d’Istanbul, avant que ses restes ne se volatilisent. Des révélations croustillantes que devait faire le Président turc, les véritables journalistes en ont fait leur deuil. Car rien de nouveau n’a été dévoilé par Recep Tayip Erdogan, « Sultan » en devenir et engagé dans une lutte enragée avec son rival saoudien pour la domination du monde sunnite. Univers partagé, faut-il le rappeler, entre les partisans d’un wahhabisme conquérant hier encore, et d’une constellation qui gravite autour des Frères musulmans. Voilà ce qui sépare, idéologiquement parlant, Riyad d’Ankara. Faisant que les pays qui ont été affecté à des degrés divers par ces nécroses trainent de Charybde en Scylla. Faut-il choisir entre la peste et le choléra ? Voilà qui nous ramène au cas de J. Khachoggi, ancien « honorable correspondant » des services saoudiens (inféodés à leur mentor américain pour nous limiter à ce seul stade-là), qui a préféré louer ses services à Ankara (n’est-il pas turc quelque part, comme le laisse entendre son nom de famille ?) pour servir et valoir ce qu’abhorre tout wahhabite pur jus, la cause de la Confrérie qui a élu domicile aux abords du Bosphore, à grand renfort de subsides de Doha. Voilà la raison pour laquelle la tête du « turc de service » a été exigée par l’entourage du puissantissime prince héritier Ben Salman. On comprend dès lors pourquoi le commando saoudien dépêché à Istanbul a littéralement obéi aux ordres princiers. Le factotum du « Sultan » d’Ankara devait être définitivement muselé au lieu de prêcher un rôle plus grand pour une Turquie qui a lamentablement échoué à transformer « les printemps arabes » en Eden de la démocratie et des droits de l’homme.

Mais que cache le jeu perfide d’un Erdogan qui prêche en faveur de la vérité à établir sur la disparition de J. Khajoggi lorsqu’on sait que les prisons turques accueillent une ribambelle de journalistes turcs qui n’ont pas de commis de crime si ce n’est de dénoncer les dérives autoritaires du pouvoir turc ? Que peut-on dire lorsqu’on sait que des avions turcs qui survolaient Jarablus avant son occupation n’avaient pas hésité à cibler les positions à partir desquels les journalistes couvraient la campagne de l’armée turc en Syrie ?

Ce n’est certainement pas le souci de la vérité qui motive les vociférations de celui qui se rêve en Sultan conquérant du monde sunnite. Car plus il hausse le ton, plus il semble marchander davantage auprès des Saoudiens pour « couvrir » leur forfait innommable. Autant dire qu’il marche dans les pieds de Donald Trump qui tout en mettant la pression sur Riyad, cherche à gruger l’Arabie qui roule sur l’or… noir. L’hôte de la Maison Blanche n’entend nullement faire chavirer le fameux « Pacte de Quincy » qui lie les Américains à la couronne saoudienne depuis des décades. La preuve ? Trump ménage dans ses critiques, même les plus acerbes, la monarchie saoudienne qui renfloue l’économie US de quelques centaines de milliards dollars. Mais aussi sert la stratégie américaine d’endiguement de l’Iran. Et last but not least, co-promouvoir le fameux « Deal du siècle » dont les Palestiniens rejettent la teneur.

Erdogan rejoint Trump dans sa longue quête qui consiste en un recyclage de la domestication de Riyad. Y parviendront-ils sans accrocs ? Difficile de pouvoir d’ores et déjà lire dans le marc. Mais une chose est certaine : jamais le pacte de Quincy ne sera dénoncé par aucune des parties contractantes. Fusionnelle est la relation entre Washington et Riyad. Khashoggi n’aura finalement servi, via sa mort atroce, que les appétits latents des uns et des autres. On les a découvert au fil des jours. Dommage que RSF ne tire pas la leçon qui s’impose en exigeant que le même traitement média

tico-diplomatique puisse bénéficier à tous les cas que l’ONG est appelée à gérer dans sa noble tâche de défense de la liberté d’expression.

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