Faut-il y croire ? Un budget sous pression et dépréciation

Faut-il y croire ? Un budget sous pression et dépréciation
Faut-il y croire ? Un budget sous pression et dépréciation

Le projet de Budget défendu devant le Souverain par le ministre de l’Economie et des finances s’inscrit résolument sous le signe du social. C’est ce que l’on véhicule via les canaux officiels en faisant grand cas des injonctions royales. Autant dire que le département à la tête duquel trône désormais un banquier est appelé à faire amende honorable. Notamment en quittant les sentiers battus d’une orthodoxie économico-financière qui a mal servi les secteurs sociaux et rendu possible la multiplication des éruptions sociales qui secouent les régions du pays les plus mal loties en termes de croissance. Mohamed Benchaaboune qui quitte les oripeaux du banquier peu disert est appelé à enfiler dare-dare la plus vaste des « kechaba ». Histoire d’évoluer à l’aise entre la pluie de critiques qu’il ne manquera pas d’essuyer.

Déjà qu’il est sous pression, le peu de croissance que génère l’édifice économique ne garantissant qu’un « chouia » d’inclusion, n’en déplaise à My Hfid El Alamy qui guerroie contre « la sinistrose » ambiante, l’Argentier est déjà confronté à une dépréciation qui n’est guère à minorer. Puisqu’elle provient d’un organisme de rating qui a son poids pour l’évaluation du risque souverain de tout Etat. Et le Royaume n’aura pas échappé aux évaluateurs de Standard&Poors qui ont procédé, le 5 octobre dernier, à la révision à la baisse de la note de crédit du Maroc. De « stable », le Maroc hérite de la note « négative », une évolution grosse de risques puisque le « Maroc SA » (dixit El Alamy) est menacé de perdre, sur le long terme, sa note « BBB-», voire sur le court terme son « A-3 » s’il n’améliore pas, en l’espace de quelques mois, sa situation économique et financière. L’affaire est assez sérieuse en ce sens qu’elle pourrait faire perdre au pays son « investment grade », ce qui le conduirait ipso facto à s’endetter à très fort taux.

En passant la situation du pays sous la loupe, les analystes de l’agence de notation expliquent le « nouveau rating » par le fait que le gouvernement s’éloigne de manière significative de son objectif de déficit budgétaire de 3% du PIB en 2018, en raison d’une croissance moins élevée que prévue et de tensions budgétaires plus fortes.

Assurément, voilà qui est à même de mettre M. Benchaaboune face à une réelle quadrature du cercle. Surtout que là où il est attendu, c’est de faire plus et mieux dans le social et dans l’inclusion qu’une telle progression exige. Où trouvez les moyens pour réussir le challenge ? En tout cas, pour les évaluateurs du « risque pays », ils ne jurent que par la performance. Economique s’entend. Et bien libérale en prime. Le social ? Un luxe…

L’Argentier est ainsi froidement accueilli par « S&P ». Saura-t-il changer le désordre des choses qui menace la stabilité du pays ?

1 COMMENTAIRE

  1. Monsieur le Ministre de l’économie et des Finances va augmenter notre dette de 40 milliards de Dh sur 10 ans pour rembourser la TVA aux entreprises, qui vont supporter les intérêts à verser aux banques. Il ne faut pas oublier que le stock de TVA à rembourser se reconstitue chaque
    année. Il devra, en même temps, trouver des ressources pour financer les besoins sociaux qui ne peuvent
    plus attendre. Les bonnes intentions
    ne suffisent pas pour faire une bonne politique économique et sociale.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.