Fédéralisme éthiopien: L’équation Sidamas complique la donne
Fédéralisme éthiopien: L’équation Sidamas complique la donne

Jour de vote ce mercredi dans le sud de l’Éthiopie. Dans la province dite des Nations, nationalités et peuples du Sud se tient un référendum obtenu de haute lutte par l’un des peuples dominant cette région, les Sidamas.
L’enjeu : la création d’une dixième province ethnique de la fédération. Certains voient dans ce scrutin le signe de la décomposition progressive, et dangereuse, du pays.

Pas de doute sur le résultat du référendum des Sidamas.
Ce peuple d’environ trois millions de personnes se prononcera en faveur de la création d’un nouvel État qui leur appartiendrait. Et qui devrait venir en théorie venir s’adjoindre aux neuf autres qui composent cet ensemble multinational qu’est l’Éthiopie.

Pour rappel, l’Éthiopie se présente comme une mosaïque de 80 nations, avec des petits peuples peu nombreux, de grandes nations puissantes, des chrétiens orthodoxes et des musulmans sunnites, et une histoire longue faite de rivalités anciennes.
Forcément, donc, cohabitent dans un fragile équilibre des forces antagonistes qui, depuis l’accession d’Abiy Ahmed au pouvoir depuis un an et demi, poussent cette grande puissance africaine au bord de l’éclatement.

Pour autant, les Sidamas ne demandent pas l’indépendance.
Ils veulent obtenir un nouvel État, c’est-à-dire être reconnus comme nation, avec leur gouvernement, leur parlement, leurs forces de sécurité, leurs lois particulières, à égalité avec les autres grands peuples d’Éthiopie.
Sauf que le résultat de ce scrutin appelle une réforme constitutionnelle, difficile par les temps qui courent à Addis-Abeba, et la question des droits des minorités se pose, notamment dans la capitale Hawassa, où les non-Sidamas sont plus nombreux que les Sidamas.

Le risque est donc bien réel que ce référendum marque le début d’un processus conflictuel que rien ne pourra arrêter.
À six mois d’élections générales dont la tenue n’est plus certaine étant donné la désorganisation de l’État, il vient souffler un peu plus sur des braises déjà bien rouges.

Pour l’heure, la campagne électorale s’est déroulée dans le calme, après les violences qui ont éclaté l’été dernier entre forces de sécurité et militants nationalistes…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.