Fonte des glaciers : La descente aux enfers continue ! Entre 1991 et 2016, les glaciers ont perdu plus de 9.000 milliards de tonnes de glace, entraînant une élévation de 2,7 cm du niveau de la mer, selon une étude menée par des chercheurs de l’université de Zurich, publiée dans Nature.

Les scientifiques estiment que la fonte des glaciers dans le monde entier s’est accélérée ces trois dernières décennies. Les glaciers ayant le plus contribué à cette augmentation sont ceux de l’Alaska, puis ceux de Patagonie et des régions arctiques. Ceux des Alpes, plus petits, n’ont joué qu’un rôle « mineur ».

« Globalement, nous perdons chaque année [l’équivalent] d’environ trois fois le volume de glace stocké dans l’ensemble des Alpes européennes », a commenté le glaciologue Emmanuel Thibert. Soit 335 milliards de tonnes par an, ce qui représente aujourd’hui 25 à 30 % de l’augmentation du niveau de la mer à l’échelle mondiale, même si le potentiel des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique pour faire monter le niveau des océans est bien plus important.

La fonte des glaces n’est pas le seul contributeur à la hausse du niveau marin. Le réchauffement des océans en est également la cause, par dilatation du volume de l’eau. Tous deux sont liés au phénomène global de changement climatique.Les chercheurs ont étudié en tout 19.000 glaciers à travers le globe, en utilisant des données topographiques fournies par les satellites, ainsi que des relevés de terrain.

La masse exacte de glace perdue sur la période étudiée s’élève à 9.625 milliards de tonnes. Seuls les glaciers d’Asie du Sud-Ouest affichent une tendance positive, en gagnant de la glace. D’après les chercheurs, certains glaciers pourraient fondre complètement avant la fin du siècle tandis que d’autres « continueront à contribuer à la montée du niveau marin après 2100 », écrivent-ils dans leur article.Les glaciers des Alpes risquent de fondre à plus de 90 % d’ici la fin du siècle si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, selon une autre étude publiée dans The Cryosphere.

Les quelque 4.000 glaciers alpins, attraits touristiques qui fournissent aussi de l’eau en été à des millions de personnes, sont menacés par les émissions liées à l’activité humaine.Une équipe de chercheurs suisses a utilisé des modèles climatiques couplées à des mesures des glaciers pour estimer leur évolution selon divers scénarios de réchauffement. Si les émissions atteignent un plafond d’ici quelques années avant de rapidement diminuer jusqu’à 2100, seulement un tiers du volume de ces glaciers survivrait.

Mais si les émissions continuent à leur rythme actuel, la prédiction est encore plus sombre.« Dans ce scénario pessimiste, les Alpes pourraient être quasiment privées de glace d’ici 2100, avec seulement quelques morceaux isolés en haute altitude, qui représenterait 50% ou moins du volume actuel », explique Matthias Huss, chercheur à ETH Zurich et coauteur des deux études (Nature et The Cryosphere).

Et quels que soient les efforts faits pour réduire les émissions, les Alpes perdront au moins la moitié de leurs glaciers, mettent en garde ces scientifiques, soulignant l’importance de ces géants de glace.« Un glacier est un réservoir. Un glacier en bonne santé fond en été et grossit en hiver. Cela veut dire qu’aux périodes où les gens ont le plus besoin d’eau, ils l’obtiennent du glacier, souligne à l’AFP Harry Zekollari, de l’Université de technologie de Delft, aux Pays-Bas. Si les glaciers disparaissent, vous perdez ces réservoirs.

Dans les Alpes c’est peut-être supportable, mais dans les Andes ou l’Himalaya, des milliards de personnes ont vraiment besoin de cette eau », poursuit-il, notant également les risques d’inondations, de glissements de terrain et l’impact sur le tourisme. Les glaciers des Alpes contiennent environ 100 km3 de glace, soit l’équivalent de 400 millions de piscines olympiques.

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