Forum de Paris sur la Paix: Le grain de sable sahélo-saharien…
Forum de Paris sur la Paix: Le grain de sable sahélo-saharien…

Parmi la trentaine de chefs d’État et de gouvernement présents à l’ouverture du deuxième Forum de Paris sur la paix, des leaders africains ont évoqué la situation sécuritaire, tout particulièrement celle du Sahel.

Les dirigeants du Mali, du Niger et du Tchad ont défendu leur action dans la lutte contre le terrorisme lors d’une discussion publique. Au-delà des actions militaires nécessaires pour contrer les groupes armés, les trois chefs d’État ont insisté sur l’importance du développement, car la pauvreté est, selon eux, le carburant du terrorisme.

Idriss Déby, chef d’Etat tchadien, a affirmé ne pas avoir connaissance d’engagements forts de la part de leurs différents partenaires, qui puissent aller directement aux populations des zones vulnérables. En revanche, il en existe au niveau du G5 Sahel, a affirmé Mahamadou Issoufou, son homologue du Niger. Mais les moyens manquent.
« On entend souvent les critiques dire : « Le G5 Sahel n’a pas de stratégie, les chefs d’États du G5 Sahel n’ont pas de stratégie ». Nous avons une stratégie mais nous manquons de moyens pour la mettre en œuvre », affirme le président du Niger.

Les budgets des pays du Sahel sont notamment plombés par les dépenses en matière de défense et de sécurité, a poursuivi le président malien.
Malgré le déploiement de forces internationales sur le terrain, Ibrahim Boubacar Keïta affirme que le monde est sourd à leurs appels à la solidarité.

« Nous nous sentons comme esseulés. On nous écoute avec politesse, avec un petit sourire entendu, mais à l’arrivée il n’y a pas grand-chose, déplore le président malien. Alors qu’en face de nous, nous avons des gens déterminés qui ont des ressources dans une guerre asymétrique à laquelle nos forces ne sont pas préparées ».

Pour le président malien, il en va pourtant de la survie du Sahel.
« Nous faisons notre part, aidez-nous à tenir la route », conclut-il.
En marge du Forum de Paris sur la paix, Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Issoufou et Idriss Déby pour un déjeuner de travail à l’issue duquel le président français a réaffirmé le soutien de la France dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

En face, force est de souligner que les djihadistes et autres groupes armés ne manquent pas de ressources. Mettant à profit la vulnérabilité des Etats concernés, ils ont trouvé dans les mines d’or du Sahel une nouvelle source de revenus, signale Crisis Group (ICG) dans un rapport publié mercredi.

Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, « des groupes armés s’emparent depuis 2016 de sites d’orpaillage dans des zones où l’État est faible ou absent. Leur convoitise est attisée par le boom du secteur aurifère artisanal depuis la découverte, en 2012, d’un filon saharien », assure l’ONG.
Les « groupes armés, y compris djihadistes, trouvent dans les mines d’or une nouvelle source de financement, voire un terrain de recrutement », dit l’ICG.
Les sites aurifères peuvent même servir de lieu de formation, par exemple au maniement des explosifs indique le rapport.
« La production artisanale (d’or) représenterait désormais près de 50% des volumes produits industriellement. Elle atteindrait chaque année 20 à 50 tonnes au Mali, 10 à 30 tonnes au Burkina Faso et 10 à 15 tonnes au Niger, soit une valeur monétaire globale située entre 1,9 et 4,5 milliards de dollars par an ».
L’ONG ajoute que plus de « deux millions d’acteurs seraient directement impliqués dans l’orpaillage artisanal : un million au Burkina Faso, 700 000 au Mali, et 300 000 au Niger »…

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