Fronde sociale en France: Grande colère chez les agents publics

Les fonctionnaires français tous corps confondus ont battu par dizaines de milliers les pavés contre les « attaques » du gouvernement à leur égard. Ils étaient entre 209 000, selon le ministère de l’Intérieur, et 400 000 d’après la CGT, à défiler dans toute la France mardi. A Paris, le cortège a réuni entre 26 000 (police) et 45 000 personnes (CGT).

« C’est un vrai succès parce qu’au-delà des manifestants, il y a ceux qui ont arrêté le travail et ils sont beaucoup plus nombreux », a déclaré mardi soir le numéro un de la CGT, Philippe Martinez. Le taux global de grévistes était de l’ordre de 30%, selon la CGT Fonction publique, le premier syndicat se félicitant d’une mobilisation « pas vue depuis 2007 ».

« Macron, regarde ta Rolex, c’est l’heure de la révolte »: à Saint-Nazaire, Nice ou ailleurs, le président Macron était souvent la cible du mécontentement dans les cortèges, qui dénonçaient un « ras-le-bol » général, à l’appel de tous les syndicats de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA), une première depuis dix ans.

Parsemé de ballons géants, le cortège parisien, auquel participaient des représentants politiques de gauche (LFI, PS, PCF, NPA), comportait des salariés d’anciens secteurs publics ou d’établissements publics (La Poste, SNCF, RATP) et du privé (PSA, Renault), mais les slogans ou témoignages appelant à une « solidarité » public-privé ou au « retrait des ordonnances Macron » restaient minoritaires.

Suppressions de 120 000 postes d’ici à la fin du quinquennat, gel des rémunérations, rétablissement du jour de carence, remise en cause de leur statut… Les syndicats dénoncent « une série d’attaques » inédite contre les 5,4 millions d’agents publics. Ce rassemblement unitaire « reflète plus qu’un malaise dans les fonctions publiques », a déclaré le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui défilait à Lyon.

Interrogé lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le ministre chargé de la Fonction publique, Gérald Darmanin, a salué le travail de ces « héros du quotidien » qui « souhaitent bien sûr être considérés, après des années où il n’y a pas eu d’augmentation du point d’indice ». Il a assuré que les « quatre milliards d’euros » actés par le gouvernement précédent pour revaloriser les carrières seraient « maintenus ».

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