Gaid Salah « découvre » l’ampleur de la corruption: Et s’accroche au calendrier électoral…
Gaid Salah « découvre » l’ampleur de la corruption: Et s’accroche au calendrier électoral…

De Bechar, siège de la 3ème région militaire, le chef d’état-major algérien Ahmed Gaïd Salah a prononcé lundi un nouveau discours dans lequel il a mesuré l’ampleur du phénomène de corruption qui sévit en Algérie. L’ignorait-il alors que dans toutes les bouches on parle des 1.000 milliards dilapidés sous le règne de Bouteflika ?

Le Patron de l’Armée algérienne qui veut maintenir le processus électoral, conformément à la Constitution, multiplie les sorties pour se donner une contenance et une consistance que les statuts de la république ne lui accordent point.

En quel nom il prononce des discours à la nations retransmis par la télévision ?
Sur tout ça, motus et bouche cousue.
Alors que les manifestants qui soutiennent que « l’armée et le peuple » sont « khaoua, khaoua », des frères en somme, n’hésitent plus à appeler à ce que le général de corps d’armée soit dégagé lui aussi puisque faisant partie des symboles du système.

Mais qu’a dit d’autre le chef suprême de l’armée qui de facto s’affirme comme « leader » du pays ?
Il a réitéré son appel à l’organisation de la présidentielle dans les plus brefs délais pour élire un nouveau président de la République.Comme il s’en est pris à tous ceux qui doutent de l’armée…
Sur la question du naufrage économique de l’Algérie, l’explication qu’il a donnée n’est pas le fait du manque d’opportunités ou même de l’incompétence.

Ce n’est pas non plus à cause d’un éventuel environnement international hostile ou défavorable et de l’absence d’une vision stratégique. Mais plutôt pour des raisons liées à la dilapidation des deniers publics et à la corruption généralisée qui a caractérisé la gestion de l’économie nationale.

« Il s’avère maintenant que la cause fondamentale de la crise économique dont souffre notre pays est un problème de gestion en premier lieu, à savoir que les deniers publics étaient pour certains gestionnaires, de l’argent commun, où ils se servaient à volonté quand ils voulaient en toute impunité et sans contrôle ou considération envers le poids de la responsabilité dont ils portent le fardeau », a indiqué le général de corps d’armée.
Voilà pourquoi il est temps de rendre des comptes.
« L’heure des comptes est arrivée ainsi que le temps d’assainir notre pays de toute personne malhonnête qui s’est laissée tenter de troubler la vie quotidienne du peuple algérien par de telles pratiques et de tout ce qui a obstrué les horizons face aux Algériens et semé la peur, voire le désespoir en l’avenir » a-t-il asséné.
Pour Gaid Saleh, la lutte contre la corruption ne doit pas avoir de limite.
Il a affirmé que l’institution qu’il dirige ressent le devoir de « permettre à la justice de traiter les lourds dossiers de corruption et mener ses missions à terme ».

On rappellera que le fondateur et PDG du n°1 privé du BTP en Algérie, bénéficiaire de gigantesques contrats publics, Ali Haddad est incarcéré depuis son arrestation nocturne fin mars à un poste-frontière avec la Tunisie en possession de deux passeports et de devises non déclarées, quelques jours avant la démission, après 20 ans au pouvoir, de A. Bouteflika confronté à un mouvement de contestation inédit.

Président de 2014 à mars 2019 du Forum des chefs d’entreprise (FCE), principale organisation patronale, A. Haddad fut l’un des plus fervents soutiens du président déchu et est considéré comme un des principaux contributeurs de ses dernières campagnes présidentielles.
Il est aussi visé par une enquête pour corruption, selon son avocat.
Son co-prévenu dans l’affaire des passeports, Hassan Boualem, qui était directeur des titres et documents sécurisés au ministère de l’Intérieur quand il a délivré en 2016 son 2e passeport à A. Haddad, a été condamné lundi à deux mois de prison avec sursis et 20.000 dinars d’amende.
L’ex-Patron des patrons algériens avait affirmé à l’audience avoir obtenu son 2e passeport légalement, après avoir sollicité l’intervention d’Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre et depuis placé en détention préventive dans une enquête concernant la « dilapidation de deniers publics, des abus de fonctions et des octrois de privilèges injustifiés », dans le cadre de passations de marchés publics.

H. Boualem s’était lui défendu en indiquant n’avoir fait qu’obéir à sa hiérarchie: M. Sellal, Noureddine Bedoui, alors ministre de l’Intérieur et désormais Premier ministre, et le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Hocine Mazouz.
Aucun d’entre eux n’a été poursuivi.

Depuis que Bouteflika a été « dégagé », la justice algérienne a lancé plusieurs enquêtes sur des faits présumés de corruption et placé en détention provisoire de puissants hommes d’affaires ainsi que des figures emblématiques du système.
Mouradi Oulmi, patron du groupe automobile Sovac, partenaire en Algérie de Volkswagen a été à son tour placé en détention préventive, en compagnie de hauts fonctionnaires du ministère de l’Industrie et d’un haut cadre d’une banque publique, selon une source judiciaire.
C’est le 2e patron du secteur automobile algérien écroué en une semaine, après Mahieddine Tahkout, PDG du plus important réseau de concessionnaires en Algérie et d’une usine d’assemblage de véhicules Hyundai.

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