Gestion durable du couvert végétal : Action mondiale pour protéger les forêts

Gestion durable du couvert végétal : Action mondiale pour protéger les forêts
Deux ans après la Déclaration de New York sur les forêts avec à la clé un engagement ambitieux de plusieurs parties prenantes visant à réduire la déforestation de moitié d’ici 2020 et à s’efforcer de mettre fin à la disparition progressive de la forêt primaire d’ici 2030, les dirigeants de l’action mondiale pour la protection, la restauration et la gestion durable des forêts ont annoncé une série de mesures qui démontrent que des progrès concrets sont en cours dans la mise en œuvre des engagements climatiques de l’Accord de Paris et des Objectifs de développement durable (ODD). Plus d’une douzaine d’initiatives, de l’Afrique à l’Indonésie en passant par l’Amérique du Sud montrent que des mesures d’atténuation et d’adaptation liées aux forêts et à l’agriculture sont fermement ancrées dans les contributions nationales de plus de 120 Parties à la Convention climat. La Journée d’Action sur la Forêt à la Conférence de Marrakech sur les changements climatiques (COP22) s’inscrit dans le cadre du programme de l’Action mondiale pour le climat (AMC), une initiative de la France et du Maroc pour stimuler la coopération entre gouvernements, villes, entreprises, investisseurs et citoyens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et aider les nations vulnérables à s’adapter aux impacts du changement climatique et bâtir leur propre avenir durable, fondé sur les énergies propres. « La conservation, la restauration et la gestion des forêts sont essentielles pour atteindre les objectifs de développement durable mondiaux, y compris dans la lutte contre la désertification et pour la sécurité de l’eau », a déclaré Abdeladim Lhafi, Haut-Commissaire pour l’eau, les forêts et la lutte contre la désertification du Maroc, co organisateur de l’événement. « C’est pourquoi le gouvernement marocain annonce une nouvelle initiative, « Action renforcée en faveur des forêts dans la région méditerranéenne et sahélienne dans le contexte du changement climatique (AFMS)”, pour aider les pays à atteindre leurs engagements multilatéraux sur les forêts, qui incluent à la fois des mesures d’adaptation et d’atténuation dans le cadre de l’Accord de Paris, et faciliter les investissements climatiques pour améliorer la gestion des forêts et renforcer la résilience des communautés tributaires des forêts ». La déforestation et la dégradation des forêts contribuent actuellement jusqu’à 12% des émissions carbonées, soit davantage que le secteur des transports dans son ensemble. Cependant, en mettant fin à la déforestation et en réduisant la dégradation des forêts jusqu’à en inverser la tendance, les forêts pourraient contribuer de manière significative à la résoudre le problème climatique dans les décennies à venir.
Plus d’une douzaine d’annonces ont été faites lors de cette séance dont les plus significatives :
Le Moratoire sur la compensation des tourbières indonésiennes : Le gouvernement indonésien a annoncé qu’il est en train de mettre en œuvre un moratoire sur la conservation des tourbières encore intactes et qui contiennent d’importants stocks de carbone. La mesure annoncée aujourd’hui s’ajoute à l’annonce faite par le président indonésien Joko Widodo lors de la Journée d’Action pour les Forêts de l’année dernière à Paris, de mettre fin aux nouvelles concessions de tourbières existantes, et d’examiner les existantes.
– La Planification forestière pour la paix en Colombie : Au cours des trois dernières années, la déforestation a été réduite de 50% par rapport à la moyenne enregistrée entre 1990 et 2010. La Colombie, en concordance avec le processus de paix en cours, a annoncé son plan de fermer la frontière forestière, élément clé d’un futur post-conflit. Les efforts portent notamment sur le développement des terres non forestières, la mise en œuvre d’une réforme foncière solide et le placement de vastes étendues de forêt sous le contrôle des peuples autochtones.
Le Leadership africain sur le développement durable : le partenariat public-privé de l’Alliance des forêts tropicales 2020 a annoncé l’initiative africaine sur l’huile de palme, une nouvelle déclaration régionale de principes traçant une voie pour le développement responsable de ce produit dans l’une des régions productrices à plus forte croissance. Grâce à cette initiative, les gouvernements africains se sont engagés au plus haut niveau à apprendre des expériences passées en Asie, et à éviter le grave déboisement causé par le secteur de l’huile de palme. En outre, l’initiative pour les forêts d’Afrique centrale, qui comprend six pays d’Afrique centrale couverts de forêts (Cameroun, République centrafricaine, Congo, RDC, Guinée équatoriale et Gabon), a franchi une étape importante depuis la COP21 sur la route de la mise en œuvre des cadres de développement durable dans la région par le biais de la signature d’une lettre d’intention de 200 millions de dollars en appui au mécanisme REDD + et à des investissements de développement responsables et inclusifs.
La transformation brésilienne: le Code forestier brésilien est un outil concret pour éviter la déforestation illégale, accroître et consolider les processus de conservation, de gestion et de restauration des forêts sur le terrain et pour donner de la valeur ajoutée durable au secteur de l’agriculture, y compris le bétail. La stratégie multipartite de Production, Conservation et Inclusion (PCI) au Mato Grosso, au Brésil, permettra simultanément de réduire de 90% la déforestation en Amazonie d’ici 2030, d’accroître la production agricole et de promouvoir l’inclusion socioéconomique des petits exploitants et des populations traditionnelles.
La technologie révolutionnaire pour la transparence : un nouveau partenariat entre la FAO et Google a créé “Collect Earth”, un outil open source qui permet d’accéder à de vastes collections d’images satellitaires gratuites et à haute résolution et de cloud informatique. Cela permet aux pays de produire des estimations rapides et rentables de l’utilisation des terres et du changement de l’utilisation des terres, tout en augmentant l’exactitude des estimations de réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts. Cela permet aussi l’amélioration de la fiabilité nécessaire aux paiements fondés sur le rendement. Une récente évaluation des terres arides à l’aide de l’outil Collect Earth a révélé l’existence de 1,11 milliard d’hectares de forêts, soit 27% de la couverture forestière mondiale, et de 13,5 milliards d’arbres en dehors des forêts, dans les zones arides du monde. Jusqu’à présent, plus de 700 experts nationaux ont été formés à l’utilisation de Collect Earth dans plus de 30 pays, ce qui appuiera ces derniers à contribuer à la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

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