Golfe de guinée: Instabilité constante

Golfe de guinée: Instabilité constante

 

Les menaces observées depuis plusieurs lustres dans le golfe de Guinée se maintiennent. Piraterie, vols à main armée, trafics en tout genre ou pêche illégale y sont légion. Le Bureau maritime international a recensé pas moins de 36 incidents du genre en 2017. Un chiffre en diminution par rapport à 2016, qui place néanmoins le golfe de Guinée parmi les régions maritimes les moins sûres du globe.

Les pays riverains qui mènent une lutte conjointe contre ces phénomènes qui pénalisent leurs économies avaient avalisé en 2013 déjà un Code de conduite, celui de Yaoundé. Pas moins de vingt-cinq États d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale l’ont adopté. Cet accord visait à promouvoir et à organiser la coopération régionale en matière de prévention et de répression des actes illicites commis en mer dans le golfe. Malgré certaines réalisations concrètes, comme la mise en place à Yaoundé du Centre interrégional de coordination, ou les centres régionaux de sécurité maritime d’Abidjan ou de Pointe-Noire, des difficultés persistent du fait, par exemple, du déficit de législation spécifique à de nombreux États de la région en matière maritime. Ce qui rejaillit sur la délimitation des frontières et limite le droit de poursuite en mer dans les eaux des États voisins… Si on y ajoute le déficit en moyens, l’endiguement des menaces est loin d’être atteint.

Cependant, un certain nombre d’initiatives internationales se sont développées, comme des programmes annuels d’assistance de l’Organisation maritime internationale. Des exercices entre les marines occidentales (États-Unis, France…) et celles des Etats du golfe de Guinée sont régulièrement organisés afin de développer, au-delà des missions de surveillance et d’intervention sur le plan d’eau par les marines étrangères, les compétences des forces locales ou une meilleure coordination.

Les autorités de certains pays comme le Cameroun ou le Togo ont préféré mettre le paquet. http://www.jeuneafrique.com/365822/politique/sommet-de-lome-chefs-detat-de-lunion-africaine-reunis-securite-maritime/  Les actions menées ont ainsi rendu particulièrement sûres les eaux nationales togolaises qui ont ainsi vu leur fréquentation augmenter sensiblement. De nombreux navires préfèrent attendre au mouillage au large de Lomé avant de se diriger vers les ports devant les servir.

Encore faut-il préciser que la seule approche maritime est insuffisante pour lutter durablement contre les différentes menaces auxquelles sont confrontés les États. Ces actes de piraterie ou de vol servent des intérêts criminels qui naissent et se développent à terre.

La sûreté maritime se défend en mer mais ne trouvera une réponse que si elle est envisagée de façon globale, c’est-à-dire en prenant en compte non seulement les dimensions portuaires, mais aussi celles du transport terrestre. C’est parce que les États seront en mesure de maîtriser leurs espaces à terre (lutte contre les réseaux criminels, politiques de développement…) que les actes de malveillance diminueront en mer. Sans cette prise en compte terrestre, la lutte ne se focalisera que sur les conséquences et non sur les causes. Dès lors l’intégration de la sûreté maritime dans une stratégie globale de sûreté de la chaîne logistique s’avère nécessaire.

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