Haj Nabil ravale sa langue: Le PPS fait l’éloge du flou

Haj Nabil ravale sa langue: Le PPS fait l’éloge du flou
Fini la fanfaronnade ! Le camarade Nabil Benabdellah qui se rêve en leader massimo du PPS a ravalé toute sa verve au lendemain du recadrage dont il a fait l’objet de la part du cabinet royal. Le porte-parole du PPS, c’est en ces termes que la direction de la formation en parle, s’est muré dans un silence pour le moins coupable alors qu’à la veille de la fête du sacrifice, il ne mâchait pas ses mots en empruntant à la rhétorique développée par les islamistes du PJD ce qu’elle a de plus soporifique pour dévitaliser les esprits critiques : l’autoritarisme dont ferait preuve un Etat profond. Celui dont Abdelilah Benkirane encense tous les fora en invoquant l’aide de Dieu pour venir à bout des « crocodiles » et autres « démons » qui bloquent les rouages des réformes qu’il entend mener à bon terme. Le camarade Nabil entame ainsi une descente aux enfers. Et il faudra s’attendre à ce que les assurances de solidarité dont a fait preuve le directorat de la formation progressiste à l’endroit de son chef ne dépassent pas l’effet du jus dans lequel le ministre carriériste Benabdellah dorera en étant sur le gril sous les yeux bienveillants de ses camarades. Au PPS, souvenons-nous, on n’est pas à un premier lâchage près ! Ils sont au nombre de combien les vieux briscards de cette formation communiste à avoir quitté le navire lorsque celui-ci avait perdu le cap… Mal barré qu’il était.
Que ceux qui doutent encore du bien fondé de la démarche imprimée par la nouvelle direction du PPS prennent le temps de réfléchir au temps perdu entre les bras du PJD, formation islamiste avec laquelle tout progressiste ne saurait contracter un quelconque mariage…fut-il de (dé) raison ! N. Benabdellah qui ne raisonne plus en termes de luttes des classes, son statut actuel le prédisposant à surclasser la masse, en pactisant avec une formation islamisante qui a déroulé le tapis rouge non plus au libéralisme « encadré » revendiqué par le pays, mais à son alter-ego le plus sauvageon qui soit : décompensation, retour sur les acquis sociaux (santé, enseignement, droit de grève). On comprend dès lors les raisons pour lesquelles, à court d’arguments, le patron du PPS préfère se soustraire à la vox populi, la reddition des comptes est une exigence à laquelle doivent se soumettre tous les acteurs politiques, a fortiori ceux qui exercent le pouvoir, même dans des termes moins directs, de co-gestion dirons nous, et botter en touche en attaquant bille en tête les auteurs présumés d’un autoritarisme bloquant. Celui derrière lequel on brandit un doigt accusateur qui va droit à Fouad Ali Al Himma… Que le courage politique des promoteurs d’un tel discours n’osent pas nommer. Et qui comme pour ajouter à la confusion plus de confusion, n’hésitent pas à mettre à l’index l’entourage royal dans son ensemble.
Certes, la direction du PPS a tenu à remettre les choses à l’endroit en rappelant son attachement aux institutions du pays, monarchie en tête. Mais où en est-on de l’essence même de la rhétorique qui n’en finit pas autour de ce facteur bloquant qui prend des formes aussi variées que l’autoritarisme, l’Etat parallèle, l’Etat de l’ombre et tutti quanti. Le communiqué de la direction du parti manque-t-il de discernement à ce stade où n’ose-t-il pas assumer ses responsabilités et parler clairement des facteurs limitant le progrès de tout le processus démocratique dans lequel le pays est engagé… Processus pour la sauvegarde duquel, assure la direction du PPS, le mariage avec les islamistes avait été consommé, l’intérêt supérieur de la sauvegarde de l’Etat étant plus fort que les autres contingences. Mais là aussi, le PPS aurait pu être conséquent avec lui-même. D’autant plus que la vague populaire qui avait secoué le pays le 20 février avait été vite taxée d’être manipulée par des nihilistes. Ceux qui revendiquaient une monarchie parlementaire hic et nunc, exigence qui revient aujourd’hui dans la bouche même de Nabil Benabdellah sans que personne ne crie à la contradiction dans le discours du leader massimo qui succombe ainsi aux sirènes du nihilisme. Le PPS nous a habitués à un langage plus subtil et conséquent que cela. Il était plus audible, même es qualité de « hizbicule », au regard de la nature du discours qu’il développait et véhiculait et à la qualité des analyses qu’il apportait aux diverses questions de l’heure. Mais il semble que ce temps là est révolu. Depuis que la formation autoproclamée avant-gardiste a abandonné les positions bien tranchées pour épouser « les zones grises » et le flou qui appelle… au loup !
Nombreux sont les militants du PPS qui regrettent les temps perdus. A jamais. Car la roue de l’Histoire, fort malheureusement, ne recule pas. Le PPS et sa noble cause (celle de la masse populaire) n’est plus qu’un vieux souvenir. Haj Nabil a choisi de voguer (et c’est une option de salut public !) en compagnie des islamistes pour éviter au pays le syndrome des hivers arabes. Mais particulièrement là dessus, on manque d’analyses courageuses susceptibles d’éclairer les uns et les autres sur les prétendus risques encourus par le pays en 2011, le poids du PJD et du PPS réunis ne pouvait amarrer le pays aussi solidement que les promesses faites par le discours royal historique. Cinq ans plus tard, où en est-on des réformes induites par la nouvelle constitution ? Assurément, le PPS a une part de responsabilité dans l’échec de l’équipée Benkirane… Ne serait-ce que par son silence coupable.
Reste une question nodale à aborder dans ce cadre-là : dans l’hypothèse où le PPS aurait joué la carte de l’islamisme pour faire évoluer le système politique, empruntant en cela la démarche des formations progressistes qui, en Amérique latine avaient mobilisé la force de l’église, en quoi cela a-t-il contribué à renforcer le camp des progressistes ? Dans d’autres cieux, d’autres mœurs ! Car si la théologie de la libération a contribué à soutenir les mouvements progressistes, il y a fort à craindre pour que les islamistes marocains, aussi modérés soient-ils, contribuent à marginaliser les forces progressistes et à « incinérer les restes de la gauche », comme l’avait annoncé Gilbert Achcar (vrai camarade libanais). Prémonitoire ?

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