Hajar entre le marteau du fkih et l’enclume du politique: Au diable les avortons !

Passé le moment de la stupéfaction, la condamnation de Hajar Raïssouni à la prison ferme (en attendant que l’appel soit interjeté) ne doit nullement étonner. Car sur la chose jugée, rapports sexuels extraconjugaux et avortement illicite, la Justice ne pouvait pas mieux juger… Le référentiel légal étant liberticide par excellence !

Autant dire que Hajar doit expier pour toutes ses semblables, et il s’agit quand même de quelques milliers d’avortements par an, qui ne peuvent se payer le luxe d’une maternité pleinement assumée dans une société androgyne.

Mais passé ce triste constat, la question nodale qui se pose avec acuité est en lien, elle, avec la compromission de la classe politique qui, depuis l’adoption de la Constitution de 2011, n’a nullement cherché à habiller ses principes « droit-de-l’hommiste » assez généreux à la taille des attentes de la société. Et la frange « progressiste » ou assimilée comme telle, assume pleinement l’échec que l’on vit, au quotidien, de la modernisation de la société.
Le souci qui animait ses factotums propulsés dans leur inconsistance sous les feux de la rampe étant plus lié à la gestion « carriériste » des copains et des coquins qu’à autre chose. Le délitement de l’élite se paie cash aujourd’hui !
Ce qui pousse mézigue à se rappeler au bon souvenir de quelques caciques du « progressisme » local qui ne voyaient dans l’islamisation rampante de la société (hijab, niqab, qamiss, déclamation du coran dans les administrations publiques, etc) qu’un épiphénomène.
Sauf que c’est bien leurs certitudes qui semblent passées de mode aujourd’hui. Et quand bien même la formation des « camarades » d’hier aurait jugé bon de « sauver le pays » en se coltinant avec le très modéré PJD pour co-gérer les affaires du pays, le fait est qu’ils se sont fourvoyés sur toute la ligne.
Jamais le libéralisme sauvageon n’aura réussi dans le Royaume qu’avec la montée en flèche de la cote du saltimbanque Abdelilah Benkirane !
Propulsant le pays dans les miasmes d’un hirak dont les départs d’incendie sont difficilement contrôlables. Et comme il fallait bien « recycler » la caste politique qui pourrait donner le change, il ne fallait pas s’étonner de voir l’USFP de Driss Lachgar se presser au portillon pour ne rien rater de la messe.
Voilà comment les prétendus « progressistes » du cru ont choisi de remiser leur « boite à outils » idéologique pour ne plus croire qu’en la vertu du marché (des marchés et de ce qu’ils rapportent) et en un présupposé postulat qui affirme le caractère « conservateur » de la société marocaine. Tout au plus plaisante sous cape des frasques de nos islamistes modérés.
La chronique de leur grivoiserie a de quoi faire pâlir nos sociologues et autres ethnologues qui, prisonniers d’un savoir figé, mélangent le conservatisme de la société à toutes les sauces.
Faut-il oublier les aventures du « couple ministériel » alors que sous d’autres Cieux l’homme est invité à ne pas convoiter la femme d’autrui ? Et que dire du couple des « veilleurs de l’Apocalypse » qu’une ronde a surpris en flagrant « délice », la fameuse prédicatrice minorant son aparté à l’intérieur d’une conduite intérieure de luxe en soulignant qu’elle ne faisait que remettre les injecteurs du fkih en l’état ?
De quelle conservatisme parle-t-on alors que toutes les données recueillies par les moteurs de recherche affirment que les Marocains sont majoritairement branchés porno, y compris durant le mois de Ramadan !
Au diable les avortons de nos politicards qui n’ont même pas le courage de se « retenir » lorsqu’il est question de se coltiner les leaders de l’islam politique.
Celui qui veut enfermer la société à double tour dans ses misères multidimensionnelles. Telle est la leçon à méditer. Et si la tête de l’élu FDG qui milite en podcast est mise à prix par les défenseurs patentés du conservatisme national par ce qu’il ose s’activer en « borderline », c’est que son combat a le mérite de remuer ce qui bout encore au « fond de la jarre ».

Dans la vie de tous les jours, il y a les adversaires politiques qui méritent le respect, certes, mais il y a aussi les ennemis politiques qu’il est nécessaire de combattre sur tous les fronts. Le PSU ne doit pas l’oublier.
Comme il se doit d’intégrer cette donne qui n’a pas de prix : la famille de Chirac, en deuil, a refusé catégoriquement la participation de la rejeton de Le Pen.
Voilà ce que l’on appelle aller jusqu’au bout de ses principes…
Nabila Mounib qui s’est empressée de rejoindre Benkirane dans son deuil, foulard sur la tête, n’a-t-elle pas, elle aussi, contribué à « parasiter » les repères politiques dans ce pays?

Triste constat que celui-ci. Dans un Royaume où l’agriculture a encore son mot à dire dans la bonne marche du pays ou non, il est regrettable de voir que nos politiques se détournent de « la constance du jardinier ».
Osera-t-on assister à une levée de boucliers, tant que le dossier Hajar est sous les sunlights, pour niveler le Code pénal avec les prescriptions constitutionnelles qui sont tout sauf liberticides ?
Une dernière chance est ainsi livrée gratuitement aux bonnes consciences, ou de ce qu’il en reste.
La pression doit s’exercer sur tous les plans pour sortir le pays de l’ornière en le hissant vers d’autres horizons démocratiques.

La bataille n’est pas aisée, comme le laisse prévoir la position affichée de l’actuel leader du PJD. « Nous sommes musulmans, et l’attachement aux constantes religieuses fait partie de notre combat quotidien permanent, par des moyens civils », a martelé, depuis Agadir, Saad Eddine El Othmani.
Un chef de gouvernement qui assure que dans cette affaire d’avortement, «le roi a tranché»… Pour mieux clore le débat. Et ossifier la société !

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