Hirak rifain: L’AMDH monte au créneau
Hirak rifain: L’AMDH monte au créneau

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a déposé plainte, le 7 octobre, devant le procureur général près de la Cour de cassation au sujet « des allégations de torture des détenus du Hirak du Rif ».

Cette plainte a été déposée à l’encontre de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ), pour « certains agissements de torture lors des déplacements des détenus politiques d’Al Hoceima à Casablanca et lors des interrogatoires ».
Selon la même source, Nasser Zefzafi, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison à Fès, « est disposé à en témoigner ».

Pour Aziz Rhali, président de l’AMDH, « certaines anomalies » dont « les allégations de torture » soulevées par des détenus sont « à prendre au sérieux ».

Une fuite partielle du rapport élaboré à la demande du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), en juillet 2017, avait soulevé une polémique autour de ce sujet.
Les deux médecins mandatés par le CNDH pour une expertise médicale auprès des détenus, incarcérés à l’époque à la prison de Aïn Sebaâ à Casablanca, avaient suspecté des cas de torture.
Le CNDH avait, cependant, très vite réagi à cette fuite précisant que ces éléments « ne peuvent en aucun cas s’assimiler aux conclusions de son rapport final ». Et d’expliquer que « l’exploitation de quelques éléments contenus dans un document interne a donné lieu à des déductions » qui ne représentent pas « l’aboutissement du travail mené par les deux experts ».

Mais, pour le président de l’AMDH, « des agissements de torture sont avérés », insiste-t-il, soulignant que les détenus l’ont déclaré tout au long du procès.
« L’AMDH a attendu que l’Etat prenne les choses au sérieux, qu’il ouvre une enquête sur ces allégations de torture, malheureusement rien n’a été fait! On a été contraints de recourir à une plainte auprès de la Cour de cassation, contre la BNPJ mais aussi contre quelques éléments de police à Al Hoceima », confie Aziz Rhali.
Un ultime recours à travers lequel l’AMDH souhaite l’ouverture d’une « enquête transparente ».
Les accusations portées par les détenus sont « très graves », répète-t-il. Et de préciser que cette plainte « ne sera pas la fin du combat ».
L’AMDH, prévient son président, attend de voir comment l’Etat marocain réagirait à « l’ouverture d’une enquête transparente dont les conclusions devraient être claires sur le sujet ».
Sinon, l’association passera à un autre niveau en déposant une plainte auprès « des instances Onusiennes des droits humains à Genève ».

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