Inégalités: Les enfants, premiers à en pâtir, selon l’OCDE
Inégalités: Les enfants, premiers à en pâtir, selon l’OCDE

Le creusement des inégalités de revenu au cours des vingt dernières années touche durement les enfants vulnérables, qui sont moins susceptibles de s’épanouir plus tard sur les plans économique et social.
C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport de l’OCDE baptisé «Changing the Odds for Vulnerable Children: Building Opportunities and Resilience».

Le rapport montre que les difficultés subies par certains enfants augmentent nettement le risque de pauvreté à l’âge adulte, mettant ainsi un frein à la mobilité sociale.
Pourtant, des investissements précoces dans l’éducation, la santé et la famille ont des retombées bénéfiques importantes plus tard dans la vie.

Les enfants qui grandissent dans des familles pauvres ont un accès plus limité à une scolarité et à des services de santé de qualité.
Par la suite, ils sont également plus susceptibles d’entrer sur le marché du travail plus tôt que leurs pairs et d’occuper des postes peu qualifiés, alors que l’évolution technologique et la mondialisation rendent la poursuite des études d’autant plus rentable.

La pauvreté infantile a progressé dans près des deux tiers des pays de l’OCDE au cours des dix dernières années, un enfant sur sept grandissant désormais dans un foyer pauvre dans l’OCDE. Le niveau de vie des enfants de familles pauvres a aussi reculé dans de nombreux pays, en particulier chez les familles ayant les plus faibles revenus.

Le rapport montre également que le nombre de familles sans-abri a augmenté significativement en Angleterre, en Irlande, en Nouvelle-Zélande et dans certains États des États-Unis.
Pour les enfants, être sans-abri risque de se traduire par une anxiété accrue, une perte de contact avec la famille et les amis et un niveau d’instruction faible.

Les enfants souffrant de handicaps, par exemple, sont deux fois plus susceptibles de vivre dans des foyers défavorisés.

Les mauvais traitements constituent également un problème majeur : de 4 à 16 % des enfants environ sont victimes de violences physiques, 10 % de négligence ou de violences psychologiques, tandis que 5 à 10 % des filles et 1 à 5 % des garçons subissent des sévices sexuels.
Le stress chronique pendant la petite enfance peut également avoir des conséquences à long terme sur le développement cognitif et socio-émotionnel ainsi que sur la santé des enfants.

Le rapport souligne cependant que la situation peut s’inverser si l’on aide correctement les enfants vulnérables à renforcer leur capacité de résistance.
Il faut pour cela leur donner la possibilité de bâtir des relations positives avec les adultes, en proposant des actions précoces face aux difficultés psychiques et en apportant un soutien aux parents.
Des programmes comme le tutorat, les activités artistiques, les projets sur la santé mentale des jeunes et les centres d’accompagnement familial donnent aux enfants et à leurs familles les moyens de surmonter leurs difficultés et handicaps.
Les investissements directs dans la santé et l’éducation des enfants de foyers modestes sont ceux qui génèrent les retombées positives les plus importantes et sont pour la plupart rentabilisés sur le long terme par le biais de recettes fiscales accrues et de transferts sociaux réduits.
Les pays doivent mettre en place des mesures de lutte contre ces problèmes, en vue notamment d’autonomiser les familles vulnérables et de renforcer la protection des enfants, pour donner à chaque enfant la chance de commencer l’instruction tôt et pour réduire la pauvreté infantile.
Les interventions précoces sont essentielles et doivent être considérées comme prioritaires, dans la mesure où les très jeunes enfants, de moins de trois ans, sont particulièrement touchés par le stress familial et les privations matérielles en raison du rythme rapide de développement de leur cerveau.

Dans un autre rapport présenté lors de la Conférence sur le renforcement de la résilience chez les enfants vulnérables, l’OCDE a mis en évidence l’évolution des structures familiales. En moyenne dans les pays de l’OCDE, 4 enfants sur 5 vivent dans une famille biparentale mais en l’espace de 10 ans, la part des enfants vivant avec des parents non mariés est passée de 10 à 16 %.
Environ 17 % des enfants vivent par ailleurs dans une famille monoparentale – ces enfants étant trois fois plus susceptibles d’être pauvres que les enfants de familles biparentales.

Les auteurs du rapport estiment que la situation matrimoniale des parents ne devrait pas influer sur les droits aux aides liées aux enfants dans le cadre des systèmes de prélèvements et de prestations, et pourtant, moins des deux tiers des pays membres de l’OCDE permettent aux couples non mariés d’enregistrer leur partenariat ou leur accordent les mêmes avantages fiscaux et sociaux qu’aux couples mariés.
Les systèmes de prélèvements et de prestations doivent s’adapter à l’évolution des conditions de vie des enfants.
Il faut pour cela de meilleurs systèmes d’information et des critères d’évaluation plus simples et plus transparents concernant les règles et les besoins en matière de prestations afin de contribuer à faire en sorte que les politiques sociales placent tous les enfants sur un pied d’égalité.

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