Inquiétants bruits de bottes dans le détroit d’Ormuz : L’Oncle Sam se contente-il de montrer ses muscles ?
Inquiétants bruits de bottes dans le détroit d’Ormuz : L’Oncle Sam se contente-il de montrer ses muscles ?

Bombardiers stratégiques et norias de chasseurs furtifs, deux porte-avions, des batteries de missiles anti-missiles… Voilà pour la panoplie que l’Oncle Sam a cru bon de déployer, en plus, dans la vaste région du Moyen et du Proche-Orient, échiquier sur lequel il a pris soin de bâtir de multiples bases militaires. L’Iran est-il dans le viseur ? En tout cas, les bruits de bottes ont de quoi inquiéter… Car à la moindre étincelle, le baril de poudre risque d’exploser. Même si aussi bien à Washington qu’à Téhéran on tente de minimiser les risques d’un conflit ouvert.

En dépit des multiples assurances, le département d’Etat US a ordonné mercredi le départ d’Irak des fonctionnaires fédéraux employés dans les services non urgents de l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad et du consulat américain à Erbil. En outre, dès mardi, les forces américaines avaient été placées en « état d’alerte avancée » en raison de « possibles menaces imminentes » contre elles. Et cela court particulièrement pour les forces US déployées aussi bien en Irak qu’en Syrie.

Réagissant à cette alerte, « la Bundeswehr a suspendu sa formation » au profit des forces irakiennes, a déclaré le porte-parole du ministère allemand de la Défense, Jens Flosdorff, en réponse à une question sur l’attitude de l’Allemagne en Irak. Il a parlé d’une « vigilance accrue » de l’armée allemande dans le pays, sans exclure que les exercices de formation puissent reprendre « dans les prochains jours ». Le contingent allemand compte 160 soldats en Irak. Le porte-parole allemand a évoqué une décision prise par l’armée allemande en concertation avec d’autres pays assurant des missions de formation militaire dans la région, mais sans donner de détails. La mission de formation néerlandaise en Irak a elle aussi été suspendue jusqu’à nouvel ordre. Une cinquantaine de soldats néerlandais entraînent les forces kurdes dans la ville d’Erbil.

Côté français, pas encore de mesures de rappel ou de suspension des TF Narvik et Montsabert mais de la « vigilance ». Les Task Force Narvik et Monsabert constituent le « pilier formation » de l’opération Chammal, contribuant ainsi à l’autonomisation des forces de sécurité irakiennes. Le ton monte à nouveau entre Téhéran d’un côté, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis de l’autre. Mais ces dernières heures, la situation a donné lieu à un cafouillage pour le moins embarrassant du côté de la coalition internationale.

Pour la Maison Blanche, la menace est identifiée en Irak: le Hached al-Chaabi, milices populaires irakiennes chiites proches de l’Iran, constitue un réel danger, selon Washington. Autrefois en première ligne dans la lutte contre Daech, on craint que ces milices ciblent les intérêts US dans le pays, explique Bill Urban, commandant des forces américaines au Moyen-Orient.

Pourtant quelques heures auparavant, le général britannique Chris Ghika, porte-parole de la coalition internationale, tenait des propos bien plus rassurants : « Suis-je préoccupé par un éventuel danger ? Non, pas vraiment ! Nous prenons les mesures de sécurité nécessaires pour intervenir dans cette région. Oui, il existe des menaces et elles sont régulièrement passées en revue. Ne vous attendez pas à ce que je décrive en détail nos mesures de sécurité, mais sachez qu’elles sont satisfaisantes et nous n’avons pas l’intention de les modifier, ni d’augmenter notre niveau d’alerte. »

Cette déclaration est une rupture dans l’unité affichée par les membres de la coalition internationale au Moyen-Orient. Mais elle est le résultat de cette tension voulue par la Maison Blanche. En effet, Washington qui ordonne le déploiement d’un porte-avions dans le détroit d’Ormuz tout en déclarant ne pas vouloir la guerre, somme une partie de son personnel diplomatique non-essentiel de quitter l’Irak.

Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique et le golfe d’Oman, se situe entre l’Iran et le Sultanat d’Oman. C’est une voie maritime stratégique pour le trafic mondial de pétrole. Il relie les producteurs du Moyen-Orient aux marchés d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord. 17,5 millions de barils traversent chaque jour ce couloir, soit presque 20% de l’offre mondiale. Les prix de l’or noir pourraient donc facilement flamber en cas d’embrasement de la situation dans la zone.

Le détroit est également une porte d’entrée commerciale essentielle pour les pays de la région, très dépendants des importations. C’est un couloir international où tous les navires ont le droit de passer.

Mais le détroit d’Ormuz se trouve dans une zone très militarisée avec la présence de plusieurs bases US, et d’une base française à Abou Dhabi. Une présence militaire que Téhéran dénonce régulièrement. L’Iran menace de bloquer le détroit en cas d’action militaire des États-Unis.

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