J. Anez s’autoproclame à la présidence de la Bolivie: Un démocrate sans quorum !
J. Anez s’autoproclame à la présidence de la Bolivie: Un démocrate sans quorum !

En dépit de l’absence de quorum au Parlement, arguant de « la nécessité de créer un climat de paix sociale » dans le pays secoué par une profonde crise politique, la deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, s’est proclamée mardi 12 novembre présidente par intérim de la Bolivie.
Les Etats-Unis ont applaudi la démission d’Evo Morales, forcée par une spirale de violences et par le retournement de l’armée.
Donald Trump y voit même «un signal fort» aux pays ennemis de Washington dans la région.

«La démission hier [le 10 novembre] du président bolivien Evo Morales est un moment important dans l’Hémisphère ouest […] Ces événements envoient un signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua [tous deux dirigés par des gouvernements socialistes] que la démocratie et la volonté du peuple triompheront toujours», a commenté le locataire de la Maison Blanche dans un communiqué publié le 11 novembre.

«Les Etats-Unis applaudissent le peuple bolivien pour avoir réclamé la liberté, et l’armée bolivienne pour avoir respecté son serment de protéger, pas simplement une seule personne, mais la constitution de la Bolivie», poursuit le texte de la Maison Blanche. Et Washington de conclure : «Nous sommes désormais un peu plus proches d’un Hémisphère ouest complètement démocratique, prospère, et libre.»
On n’évoque pas du tout le processus de déstabilisation mis en branle pour évincer un Président pourtant élu au Premier tour… L’essentiel étant de garantir le retour aux affaires des milieux prompts à s’enflammer pour la logique des « gringos ».

Et ce n’est certainement pas J. Añez qui dira le contraire.
« Nous souhaitons convoquer des élections au plus vite », a ajouté la sénatrice, qui revendique l’intérim après les démissions du Président Evo Morales et de ses successeurs prévus par la Constitution, à savoir le vice-président Alvaro Garcia Linera, la présidente et le vice-président du Sénat, ainsi que le président de la Chambre des députés.

E. Morales n’a pas tarder à réagir sur Twitter, qualifiant de « coup d’État » la proclamation de la sénatrice Añez.
« Le coup d’État le plus astucieux et le plus odieux de l’histoire a eu lieu. Une sénatrice issue d’un coup d’État de droite se proclame présidente du Sénat, puis présidente par intérim de la Bolivie sans quorum législatif, entourée d’un groupe de complices et dirigée par l’armée et la police qui répriment le peuple », a-t-il écrit.

Un peu plus tôt dans la journée, l’avion militaire mexicain qui transportait E. Morales s’est posé à l’aéroport de Mexico peu après 17h, temps universel, à l’issue d’un périple rocambolesque de seize heures au gré des ordres et contrordres des pays latino-américains survolés.

« La lutte continue », a promis E. Morales, pantalon noir et polo bleu, affirmant qu’il ne cesserait de « faire de la politique ».
« Tous les peuples ont le droit de se libérer », a dit celui qui a longtemps incarné un symbole d’émancipation pour les populations indigènes de son pays.
Il a aussi remercié Mexico de lui avoir « sauvé la vie ».

Appelé à la démission par l’opposition et lâché par la police et l’armée, l’ancien chef de l’État s’était retrouvé de plus en plus isolé tandis que la crise politique s’accélérait soudainement en Bolivie où une grève générale et des manifestations paralysaient l’activité depuis une dizaine de jours.
Aujourd’hui, les Boliviens sont livrés à eux-mêmes et n’hésitent plus à prendre pour cibles les Indiens. Des scènes de lynchage de masse font le tour du monde.
Autant dire que les ingrédients d’une guerre civile sont réunis…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.