Justice algérienne et drapeaux berbères: De lourdes peines prononcés contre des manifestants
Justice algérienne et drapeaux berbères: De lourdes peines prononcés contre des manifestants

Le verdict prononcé lors du procès des 42 personnes arrêtées en Algérie pour avoir brandi le drapeau berbère lors des manifestations hebdomadaires contre le régime, a été dénoncé pour sa sévérité. 28 personnes ont été condamnées par le tribunal correctionnel d’Alger à six mois de prison ferme, assortis d’une amende.

Vingt-deux personnes ont été condamnées à six mois de prison ferme la nuit dernière, six autres ce mardi 12 novembre en Algérie pour avoir brandi le drapeau amazigh en juin dernier. Les sentences se succèdent et suscitent l’étonnement.
La Ligue algérienne des droits de l’Homme dénonce ces verdicts.
Lesquels sont jugés « durs, lourds et marquent un tournant inattendu », estime Said Salhi, vice-président de l’organisation qui s’attendait à ce que les précédents procès au cours desquels «les accusés avaient été acquittés fassent jurisprudence».

Du côté de la défense, on craint que les peines prononcées ce mardi ne « portent atteintes à l’unicité du système judiciaire ».
Selon le collectif de 70 avocats qui défend les détenus amazighs, les familles des accusés ont fait appel de ces peines. Ce lundi, quelque 200 personnes se sont rassemblées devant le tribunal du centre d’Alger aux cris de « libérez les détenus » et « pouvoir assassin ».

La défense avait plaidé l’acquittement des accusés en rappelant qu’il n’existe en Algérie « aucune loi interdisant de brandir un drapeau amazigh et que la Constitution précise que l’amazighité est l’une des composantes de l’identité nationale. »
Le collectif d’avocats a aussi protesté contre la lenteur de la procédure.
En effet, sur les 42 accusés, 33 ont passé quatre mois en détention provisoire depuis leur arrestation fin juin.
La loi algérienne n’interdit pas de brandir un drapeau berbère. Néanmoins, lors des manifestations, le chef d’état-major de l’armée et « homme fort » du système, avait ordonné qu’aucun autre drapeau que l’emblème national ne soit brandi.
Voilà pourquoi les étudiants qui manifestaient mardi avaient dénoncé les dérives du pouvoir et de son homme fort, le général Ahmed Gaid Salah.

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