La chance sourit à M. Griffiths dans la crise du Yémen: Les regards focalisés sur les pourparlers en Suède

La chance sourit à M. Griffiths dans la crise du Yémen Les regards focalisés sur les pourparlers en Suède
La chance sourit à M. Griffiths dans la crise du Yémen Les regards focalisés sur les pourparlers en Suède

 Le gouvernement des Emirats arabes unis, un des principaux acteurs de la guerre au Yémen, a estimé mardi que les pourparlers de paix inter-yéménites prévus en Suède constituent une chance « décisive » pour mettre fin à un conflit meurtrier qui dure depuis quatre ans. « Nous pensons que la Suède offre une occasion décisive pour s’engager avec succès dans une solution politique pour le Yémen », a déclaré dans un tweet Anwar Gargash, ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères.

L’évacuation lundi vers Oman de combattants rebelles Houthis blessés au Yémen a ouvert la voix à la tenue de négociations de paix sous peu en Suède.

Selon A. Gargash, cette opération « démontre une nouvelle fois le soutien apporté à la paix par le gouvernement yéménite et la coalition arabe » dont les principaux piliers sont l’Arabie saoudite et les Emirats.

« Une solution durable menée par les Yéménites offre la meilleure chance pour mettre fin à la crise actuelle », a-t-il dit, ajoutant toutefois: « Un Etat stable, important pour la région, ne peut coexister avec des milices illégales ».

  1. Gargash a rappelé l’importance de la résolution 2216 adoptée en avril 2015 par le Conseil de sécurité de l’ONU qui souligne la légitimité du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi et exige le retrait des Houthis des villes et régions qu’ils occupent au Yémen, ainsi que la restitution des armes lourdes, dont les systèmes de missiles. La résolution 2216 offre « une feuille de route réaliste », a estimé le ministre émirati.

Partis de leur bastion dans le nord du Yémen, les Houthis ont pris le contrôle de vastes régions du pays, dont la capitale Sanaa et la ville portuaire de Hodeida (ouest).

Depuis l’intervention de la coalition militaire sous commandement saoudien en mars 2015, les combats ont fait quelque 10.000 morts et plus de 56.000 blessés au Yémen, selon l’Organisation mondiale de la santé. Mais des ONG estiment que le bilan réel des victimes directes ou indirectes du conflit est largement plus élevé.

A noter que l’émissaire de l’ONU est à nouveau sur place. Martin Griffiths est arrivé à Sanaa au moment où la coalition a accepté l’évacuation de blessés vers Oman. C’est le porte-parole de la coalition arabe anti-rebelles qui l’annonce, parlant d’«une mesure destinée à instaurer la confiance» avant des pourparlers de paix. A la tête de la coalition : l’Arabie saoudite qui contrôle le ciel aérien yéménite et autorise donc les rebelles à partir, à bord d’un avion affrété par l’ONU. L’évacuation des blessés constituait une demande forte des rebelles houthis et était en partie à l’origine de l’échec des derniers pourparlers de paix sur le Yémen, en septembre dernier.

De nouvelles discussions doivent s’ouvrir en Suède, dans les jours qui viennent, sous l’égide de l’ONU. L’émissaire onusien s’est rendu à plusieurs reprises au Yémen ces derniers temps pour préparer le terrain.

La communauté internationale fait également pression pour que les pourparlers de paix puissent avoir lieu et aboutissent. Quatre ans de guerre a plongé le Yémen dans une grave crise humanitaire. La moitié de sa population est aujourd’hui menacée par la famine. Selon un rapport de l’ONG Save the Children, publié mercredi également, la famine a peut-être tué jusqu’à 85 000 enfants de moins de 5 ans depuis l’intervention de la coalition arabe. Les trois quarts des 22 millions d’habitants dépendent de l’aide humanitaire pour survivre. Résultat : le Yémen est, d’après l’ONU, la pire crise humanitaire au monde.

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