La colère ne faiblit pas dans le Rif: Les jeunes caillassent la police à Al-Hoceima

La colère ne faiblit pas dans le Rif: Les jeunes caillassent la police à Al-Hoceima

En dépit de la mobilisation de l’Exécutif pour activer les chantiers de développement socio-économiques établis pour la région du Rif et malgré les efforts entrepris par des représentants de la société civile pour endiguer la tension, il faut croire que la situation est encore loin d’avoir renoué avec la normalité dans la ville d’Al-Hoceima. Hier jeudi, avant la rupture du jeûne, des jeunes ont caillassé les forces de l’ordre ce qui a donné lieu à des heurts… Des groupes de jeunes se sont rassemblés spontanément, en fin d’après-midi, dans le quartier Sidi Abed exigeant « la libération leurs « leaders » emprisonnés, avant d’être repoussés sans ménagement. La police a fait usage de quelques grenades lacrymogènes, et procédé à plusieurs interpellations. Les affrontements ont cessé vers 18h30.
Une fois la nuit tombée, dans le même quartier, des centaines de jeunes ont de nouveau manifesté. Le rassemblement s’est déroulé jusqu’à minuit dans le calme face à une présence policière. De nombreuses femmes et enfants étaient parmi la foule qui scandait ses habituels slogans : « Nous sommes tous Zefzafi », « liberté pour les prisonniers », ou « dignité pour le Rif ».
Il y a lieu de rappeler que 86 personnes sont poursuivies par la justice, a indiqué jeudi Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement. Le Chef de gouvernement, qui a amorcé un dialogue franc et responsable avec les élus et les députés de la région, compte se rendre à Al-Hoceima pour évaluer les travaux des chantiers ouverts et espère ainsi désamorcer la crise et mettre sur les rails une stratégie de développement durable de la région, a ajouté M.El Khalfi, à l’issue du Conseil de gouvernement.
« L’État marocain est déterminé à garantir le droit de manifester pacifiquement, écrit dans la Constitution », a assuré jeudi au cours d’un briefing à la presse un responsable du ministère de l’Intérieur.
« Pour autant ces manifestations doivent faire l’objet de déclarations car elles sont faites sur la voie publique. (…) Il y a un risque d’atteinte à l’ordre public. Aucun État ne peut rester sans rien faire face à une telle situation, il serait irresponsable de laisser la rue sans prendre de précaution », a justifié ce responsable.
Celui-ci a dit « ne pas comprendre la poursuite du mouvement », alors que « l’État a répondu à plus de 90% des revendications ».
Il a pointé « le refus des manifestants de dialoguer, malgré la main tendue de l’État », s’interrogeant « sur leurs réelles motivations ». Quoi qu’il en soit, des ordres stricts ont été donné par le Roi pour enquêter sur de probables violations des droits humains dans la gestion du soulèvement du Rif. Recommandations qui font écho aux révélations faites par la défense des prévenus qui évoquent des cas de torture.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.