La coopération halieutique africaine: La façade atlantique comme exemple

Qui peut mieux parler des diverses facettes de la coopération halieutique entre le Maroc et l’Afrique que le secrétaire général de la COMHAFAT.

La Conférence Ministérielle Halieutique entre les Etats Africains Riverains de l’Océan Atlantique (COMHAFAT/ATLAFCO) est un instrument de coopération halieutique dans la région ouest Africaine. Elle tient sa force de la volonté de 22 pays africains côtiers de rejoindre un cadre régional global de coopération et de concertation en matière de développement de la pêche maritime, de l’aquaculture et de valorisation des produits halieutiques dans des pays où la pêche maritime et ses industries constituent des piliers majeurs de l’économie. Elle constitue également un cadre idéal de coopération régionale susceptible de renforcer les liens d’amitié et de solidarité entre les pays africains. Créée en 1989, sous l’impulsion du Maroc et avec l’appui des Etats fondateurs,elle a connu ces dernières années une nouvelle dynamique qui en fait désormais un instrument de coopération halieutique incontournable entre les pays de la façade atlantique africaine. L’amendement de sa Convention par la Conférence des ministres réunie en session extraordinaire en Janvier 2009 à l’initiative du Maroc, et la signature d’un Accord de siège la même année avec le Maroc ont conféré à cette institution le statut d’organisation inter gouvernementale lui ouvrant par-là, la voie d’une reconnaissance internationale, condition indispensable pour pouvoir disposer de fonds à même de financer ses activités au bénéfice du secteur de la pêche à l’échelle régionale. Ainsi, la COMHAFAT a pu, ces dernières années, développer ses activités et contribuer au renforcement des compétences en organisant des ateliers de formation au profit des ressortissants des Etats membres, en réalisant des études régionales pour améliorer la productivité du secteur et en appuyant fi nancièrement les sous organisations régionales de pêche pour promouvoir une gestion commune des espèces migratoires ou stocks partagés. Cette montée en puissance des activités de la COMHAFAT, est surtout tangible au niveau des Organisations de Gestion de Pêche (OGP) tels que l’ICCAT, la CBI, la CITES…où le niveau de concertation et de coordination pour les intérêts halieutiques est très élevé et où désormais les Etats membres de la COMHAFAT participent d’une manière eff ective et unifi ée, renforçant ainsi la « voix » de l’Afrique dans les forums de la pêche pour la défense des intérêts des Etats membres. L’action du Maroc au sein de la COMHAFAT est née de sa politique volontariste de coopération bilatérale orientée vers l’Afrique. Puissance halieutique régionale, le Maroc off re son savoir-faire et son expertise en la matière aux pays amis dans le cadre d’accords de coopération bilatérale qui le lient à la quasi-totalité des pays de la région. Plusieurs pays africains bénéfi cient de possibilités de formation au profi t de leurs ressortissants dans plusieurs disciplines liées aux technologies de la pêche, la recherche halieutique, l’aménagement des pêcheries, et la valorisation des produits de la pêche. La coopération multilatérale n’échappe pas à cette volonté de partage. C’est l’exemple très réussie de la coopération triangulaire Maroc-Japonautres pays africains dans lequel la COMHAFAT assure la coordination. Dans ce modèle, le Maroc met son expérience, savoirfaire, experts et infrastructures à la disposition des ressortissants africains avec la contribution fi nancière du Japon. La coopération halieutique envers les pays africains a connu ces dernières années un nouvel élan suite à la volonté politique du Maroc de renforcer davantage ses relations avec les pays africains et de renforcer sa présence sur ce continent. La Côte d’Ivoire et la Guinée sont les deux premiers pays africains à bénéfi cier de cette nouvelle vision stratégique du Maroc pour la coopération Sud-Sud. En eff et, le modèle très réussi des villages de pêcheurs (VDP) au Maroc, qui a contribué énormément à l’amélioration des conditions socio-économiques des communautés de pêcheurs d’une part et à une maitrise de l’activité pêche dans des zones isolées d’autre part, sera exporté vers ces deux pays. En eff et, le Maroc a mis en place un mécanisme de conception et de fi nancement pour la réalisation d’un village de pêcheurs en Côte d’Ivoire et deux autres en Guinée. La réplique de projets et expériences marocains réussis dans d’autres pays d’Afrique constituera désormais une orientation pour la coopération halieutique Maroc-autres pays africains. Beaucoup de ces pays ont exprimé leur intérêt pour la stratégie marocaine pour le développement du secteur de la pêche maritime «Halieutis». Il s’agit là d’un autre créneau que le Maroc compte exploiter pour renforcer sa coopération halieutique avec l’Afrique soit par l’assistance à l’élaboration de stratégies nationales dans ces pays, soit en les faisant bénéfi cier du processus de mise en œuvre et des réussites de cette stratégie. La Côte d’Ivoire, invité d’honneur de la troisième édition du Salon International de la Pêche « Halieutis », et président en exercice de la COMHAFAT, à côté d’autres pays africains, bénéfi ciera de l’appui du Maroc pour faire connaitre son secteur halieutique et valoir ses atouts auprès des opérateurs économiques présents au Salon.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.