La diplomatie mène à tout: Lorsque N. Bourita s’érige en censeur…  

La diplomatie mène à tout: Lorsque N. Bourita s’érige en censeur…  

 

Non, il faut arrêter ce petit jeu-là qui pousse tout commentateur en herbe à dire que cela ne se passe qu’au Maroc. Surtout depuis que nombre de responsables s’emmêlent les pinceaux lorsqu’ils troquent leurs habits contre ceux, hideux, des censeurs. Et le dernier en date n’est autre que le chef de la diplomatie qui, mal inspiré, a choisi de ravir la vedette à deux de ses homologues, celui de la Culture et de la Communication et, bien entendu au plus  visible de tous, le porte-parole de l’Exécutif, en allant s’épancher directement sur les câbles de notre confrère « Media-24 ». L’objectif recherché par Nasser Bourita es qualité de messager est de communiquer le plus solennellement du monde sur les relations maroco-saoudiennes. Mais que dit le message ? « Personne ne peut porter atteinte aux relations solides entre le Royaume du Maroc et le Royaume frère d’Arabie saoudite et ce, en dépit de certains agissements inacceptables qui sont parfois commis par des supports médiatiques à travers la publication d’articles ou de dessins malveillants. » Soit ! La presse est ainsi avertie. Rangez vos claviers et faites disparaître vos plumes… Surtout lorsque dans sa tirade qui ajoute à la confusion, il précise que « les relations maroco-saoudiennes sont enracinées et vigoureuses, et tirent leur puissance de la force des relations personnelles entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et son frère le Serviteur des deux Lieux saints le Roi Salmane Ibn Abdelaziz Al Saoud, ainsi que du partenariat stratégique et de la solidarité permanente entre les deux pays frères.

« Nous refusons catégoriquement toute atteinte à cette relation. »

On aurait aimé pardonner au ministre la fougue d’une jeunesse dans laquelle il semble encore engoncé pour avoir assuré le devoir de « cibler tout le monde » en recourant à un seul support. Cela résonne dans nos têtes comme une menace. Mais N. Bourita fait-il partie de cette élite « hors sol » qui oublie que hier encore, alors que le puissantissime ministère de l’Intérieur qui cumulait aussi les fonctions de la communication était hyper-actif, les médias nationaux n’hésitaient pas à parler des régimes arabes rétrogrades, l’allusion étant faite généralement aux pétromonarchies ?

Oublie-t-il, dans ses habits de diplomate appelé par ailleurs à défendre l’image du Royaume, que le pays est engagé dans un processus démocratique et que sa constitution s’accommode de la liberté de presse et du droit à l’information ?

Car au rythme où vont les choses, celui qui permet à d’honorables ministres, voire à des élus de premier ordre, de poursuivre la presse pour un oui ou pour un non, il serait difficile de pouvoir parler de pluralité d’opinions, un des ressorts cardinaux de la démocratie.

On convient tous autant que nous sommes que dans la gente médiatique, il y a les béni-oui-oui et les partisans de la brosse à reluire. Ils fonctionnent à coups de communiqués de presse et de dépêches officielles. Comme il y a aussi d’honorables correspondants qui assurent le recyclage d’informations émanant d’intérêts bien compris. Mais il y a aussi des passeurs et des lanceurs d’alerte dont la démocratie marocaine, aussi imparfaite soit-elle encore, ne pourrait se passer. Alors de là à « criminaliser » des analyses portées sur tel ou tel pays, le tout puissant Empire US en tête, c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le Royaume. Celui-là même qui, faut-il le rappeler, est engagé dans des relations stratégiques avec moult partenaires.

L’espoir est que notre diplomatie se contente d’assumer les tâches qui lui reviennent de droit au lieu d’enfoncer des portes ouvertes… N. Bourita aurait certainement été bien inspiré s’il se contentait de défendre le modèle marocain : celui de la pluralité. A moins qu’il n’y croit pas. Auquel cas…

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.