La Maroc présent à Manama: Fallait-il aller à Canossa ?!

C’est officiel !
A l’invitation des Gouvernements du Royaume du Bahreïn et des Etats Unis d’Amérique, un cadre du ministère marocain de l’Economie et des Finances du Royaume du Maroc prendra part aux travaux de « l’Atelier sur la paix et la prospérité », les 25 et 26 juin 2019, à Manama (Bahreïn), affirme le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale (MAECI).

Bien entendu, le flou qui a marqué la position du Maroc n’aura pas résisté longtemps à la dure réalité. Donnant plus de force, et c’est regrettable, à ce que les Spin Doctor rattachés à la Maison Blanche annonçait déjà il y a quelques jours. Lorsqu’ils affirmèrent que le Maroc serait présent, à côté de la Jordanie et de l’Egypte, à la messe de Manama.

Une messe dénoncée par le peuple marocain qui a marché dimanche dernier pour dénoncer la capitulation arabe devant l’offensive américano-sioniste qui prend les formes d’un « Deal du Siècle » qui donne tout à Israël… Et des miettes de « sécurité » susceptibles de rassurer les régimes arabes.

Erreur de jugement de la part de Rabat ? Tout porte à le croire.
Surtout que les premiers intéressés, les Palestiniens en l’occurrence, ont décidé de boycotter ledit atelier que le Bahreïn était dans l’obligation d’accueillir… Pour propulser la dynamique de normalisation des relations arabo-israéliennes aujourd’hui en sourdine.
Et que le Maroc qui réaffirme sa position de principe (et le communiqué du MAEC le souligne) en rappelant que cette participation se fait sur la base de la position constante et inchangée du Royaume du Maroc, en faveur d’une solution de deux Etats, vivant côte à côte dans la paix et la stabilité, garantissant l’instauration d’un Etat palestinien indépendant, souverain et viable, dans les frontières du 4 juin 1967, ayant Jérusalem Est comme capitale, souligne-t-on de même source.

Sauf qu’entre-temps, Donald Trump qui ironise sur l’impuissance des monarchies du Golfe à garantir leur propre pérennité sans la présence US (on imagine que la sous-traitance en la matière se paie cash), a décidé d’un trait de plume de livrer Al-Qods à l’entité sioniste pour en faire sa capitale éternelle… Avant de récidiver en octroyant les hauteurs du Golan à la même entité qui planifie depuis qu’elle a été fécondée dans l’éprouvette de l’impérialisme la déconfiture de l’espace arabe.

Qui sait si demain le tour ne viendra pas pour un autre pays riverain de céder une partie de son sol à un Etat qui terrorise au quotidien le peuple palestinien et qui fait peur à nombre de régimes arabes ?

Pourtant, la realpolitik exige de nos décideurs de voir la carte sous un autre angle. Celui du seul prisme américano-sioniste.
L’hubris dont fait preuve « l’hyperpuissance » US a été endigué par l’Iran… Ce qui en dit long sur les possibilités offertes ainsi aux puissances régionales de tenir tête à l’Oncle Sam. Et même le Liban, là où la résistance de tout un peuple, et pas uniquement du seul Hezbollah, a forcé Israël à battre en retraite en 2006.

« Si vis pacem, para bellum ». Voilà une locution qui résume tout l’enjeu lié au « Deal du siècle » que l’administration US entend faire passer au forceps.
Faut-il agréer une Pax Americana qui promet plus de déstabilisation de la région ?

Le Maroc aurait certainement gagné en assumant pleinement son rôle de pays souverain qui défend ses intérêts et ceux des peuples frères.
Il aurait grandi aux yeux des siens qui, dimanche dernier, ont dit tout le bien qu’ils ressentent pour ce processus avilissant pour les Arabes, le Maroc en tête.

L’histoire immédiate nous renseigne sur des puissances économiques qui se révèlent des nains politiques. Et l’inverse est tellement vrai que les Américains courtisent aujourd’hui Beyrouth pour la délimitation des frontières israélo-libanaises, terrestres et maritimes.

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