La mort rattrape Hanna Mineh: L’autre roman de la Syrie

La mort rattrape Hanna Mineh: L’autre roman de la Syrie

 

Le roman arabe est en deuil. Il vient de perdre l’un des plus grands narrateurs syriens, Hanna Mineh,  dont tous les écrits ont été forgés au fer du réalisme. L’enfant de Lattaquié où il est né le 16 avril 1924 aurait pu vivre centenaire bercé qu’il fut par le souffle de la Méditerranée. Il a passé son enfance dans un village près d’Alexandrette sur la côte syrienne avant de retourner, en 1939 avec sa famille dans sa ville natale, lieu de passion et d’inspiration avec ses montagnes et sa mer. Mais il faut dire que le triste sort qui s’est abattu sur son pays (le nôtre aussi) l’aura certainement emporté dans ses dédales.   Actif de son vivant, il a participé à la fondation de l’Association des écrivains syriens et l’Union des écrivains arabes. Au Maroc où il comptait des amis et nombre de lecteurs, il a été distingué à Asilah, en obtenant le Prix Mohammed Zafzaf du roman arabe (10.000 dollars) octroyé tous les trois ans en alternance avec le Prix Tchikaya U Tam’si de la poésie africaine et le Prix Buland Al Haidari des jeunes poètes arabes. C’était il y a quelques années déjà.
De barbier à porteur dans le port, puis marin, ses romans expirent la vie des petites gens, entre espoirs et déceptions. Et le sel marin… Dès 12 ans, opposé à la colonisation française il menait une vie dure, se déplaçant entre plusieurs pays. Il a voyagé en Europe puis en Chine pendant quelques années, avant de rentrer en Syrie.

Après l’indépendance de la Syrie en 1947, il s’est installé à Damas, a travaillé au journal « al-Inchaa’ » jusqu’à devenir son rédacteur en chef. Sa vie littéraire a démarré avec une pièce -type Don Quichotte- qui malheureusement a été perdue de sa bibliothèque. Il a alors renoncé à écrire pour le théâtre. Son premier long roman, Les Lanternes Bleues, est paru en 1954. Ensuite, il a continué à écrire une trentaine de romans et quelques contes. Plusieurs de ses romans ont été adaptés dans des films et séries syriens.
Son univers romanesque est marqué par sa fine connaissance de la mer et se caractérise par le nombre et la richesse de ses personnages, ainsi que par l’imbrication habile des thèmes politiques et des intrigues littéraires. Romancier engagé jusqu’au bout de ses écrits chargés d’humanisme, H. Mina a reçu le Prix des écrivains arabes en 2005 pour ses œuvres collectives.

Repose en paix ô grand Mina. Ton humanisme qui ruisselle à travers la compilation de toute ton œuvre restera gravé sur terre. Une bouteille à la mer pour tous ceux qui perdent la boussole par les temps de « chaos » qui imprègnent l’espace arabe, Syrie en tête.

 

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