La paix menacée au Sahara

Sahara/ONU/Ban Ki-moon/Polisario/Algérie/Maroc La paix menacée au Sahara Le Polisario montre ses muscles

Le Polisario montre ses muscles

L’attention de la diplomatie marocaine reste focalisée sur New York, en attendant que le rapport du Secrétaire Général des Nations-Unies sur le Sahara soit, enfin, dévoilé. Un rapport qui intervient à un moment crucial. Car jamais le torchon n’a autant brûlé entre le Maroc et Ban Ki-moon, secrétaire général sortant. Comme jamais des généraux algériens n’ont affiché leur animosité à l’égard du Royaume allant même jusqu’à superviser des manœuvres militaires opérées par le Polisario dans « la zone tampon » de nature démilitarisée et contrôlée par les casques bleus de la Minurso. L’affaire est grave et mérite, sans aucun doute, d’envisager d’autres paramètres dans la gestion d’une paix armée avec l’Algérie. Une gestion qui ne se contenterait plus en un verrouillage systématique de la frontière terrestre via l’édification de miradors sophistiqués susceptible de faire la jonction entre les zones orientale et méridionale (que les murs de défense sanctifient depuis des lustes). Ni en une focalisation sur les agissements de Ban Ki-moon et de ses équipes. Mais le dépasserait à travers d’autres mesures plus fermes et à la mesure des déclarations inamicales proférées à l’encotre du Maroc par des symboles de la nomenklatura algérienne. L’annulation graduelle de tous les contacts avec l’Algérie, avec le suspension des vols RAM, pourrait constituer le prélude à l’option du rappel de l’ambassadeur accrédité à Alger… La construction maghrébine, en panne, pourrait être envisagée lorsque le système algérien fera preuve de bonne volonté en abandonnant son logiciel déstructeur.
Il y a lieu de rappeler qu’au cours de ces dernières semaines, le Maroc a fait comprendre à Ban Ki-moon, à l’issue de sa visite à Tindouf et à Bir Lahlou, que ni ses déclarations, ni sa gestuelle n’ont répondu à l’impératif de « neutralité » dont tout responsable onusien doit faire preuve dans la gestion du dossier saharien. Une équidistance qui a été violée par le SG de l’ONU en taxant « d’occupation » la présence du Maroc dans ses provinces sahariennes et en saluant le drapeau d’une prétendue République sahraouie. Allant jusqu’à exiger, dans une épreuve de force singulière, le retrait du corps expéditionnaire civil de la Minurso, auquel se sont joints les observateurs militaires basés à Dakhla. Faisant valoir le caractère inopérant de tout processus réferendaire tombé en désuétude bien avant que le Maroc n’offre comme solution alternative une large autonomie aux provinces sahariennes sous souvraineté marocaine, laquelle offre a été et est toujours jugée comme une issue « constructive et crédible » par plusieurs capitales qui comptent. Mais tel ne semble pas être l’avis de Ban Ki-moon, ni de son envoyé spécial C. Ross qui font tout pour maintenir le feu de la sécession incondescent sous les cendres. Rejoignant en cela les positions des ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc, l’Algérie ayant déclaré 2015, avec l’arrivée de Ramtane Laamamra à la tête de la diplomatie algérienne, comme « l’année décisive » dans la gestion du dossier saharien. Mais en 2016, l’affaire a tendance à se compliquer pour le système algérien en perte de vitesse au point de voler au secours d’une sécession qu’il couve depuis 1975… Non seulement sur le plan politico-diplomatique, une délégation du gouvernement algérien a fait le déplacement à Rabouni pour montrer aux sécessionistes qu’il n’y a point de lâchage de « la cause sahraouie », mais aussi sur le plan militaire. Et c’est fort de cet appui inespéré face aux multiples démarches marocaines qui visent à rendre opérationnelle l’option de l’autonomie, que le prétendu Premier ministre du gouvernement sahraoui, le dénommé Abdelkader Taleb Omar, a appelé le Conseil de sécurité à faire pression sur le Maroc pour l’amener à reconsidérer sa décision d’expulsion du personnel civil de la Minurso, exigeant la libération des détenus politiques dans les prisons de l’occupant marocain. En marge d’une rencontre tenue dans la nuit de dimanche à lundi avec une délégation algérienne à Rabouni, il a appelé à la nécessité «d’accélérer le retour de la Minurso avec ses pleines prérogatives et un calendrier fixant la tenue d’un référendum pour éviter la détérioration de la situation dans la région».
Le pouvoir algérien qui tente de se dédouaner d’avoir une quelconque vision expansionniste dans la région cherche de la sorte à conforter le Polisario, en prise avec une contestation qui prend de l’ampleur au risque de se raviver davantage avec la disparition de son leader, gravement malade, dans son option sécessioniste. Ce n’est donc pas pour rien que des officiers supérieurs algériens prennent des libertés avec les usages en vigueur depuis longtemps en s’attaquant de front au Maroc. Attirant dans leur sillage guerrier les combattants du Polisario qui brandissent la menace de recourir, à nouveau, aux armes.