La presse électronique algérienne dans le viseur: Répression tous azimuts !

La presse électronique algérienne dans le viseur Répression tous azimuts !
La presse électronique algérienne dans le viseur Répression tous azimuts !

Moins conciliants que les titres de la presse papier traditionnelle, les sites d’information algériens de plus en plus concurrentiels font l’objet d’une répression en règle. La preuve, pas moins de deux journalistes du site « Algérie part » ont comparu jeudi devant le Procureur de la République d’Alger. En détention provisoire depuis une quinzaine de jours nos confrères sont poursuivis ; à l’instar de bien d’autres, pour « diffamation et atteinte à la vie privée ». Le rédacteur en chef d’ « Algérie part », Abdou Semmar et son collaborateur, Merouane Boudiab, ont été arrêtés dans les jours entourant l’annonce de la candidature de Bouteflika pour un 5è mandat. L’animateur du web radio « Sarbacane à Constantine », Abdelkrim Zeghileche, qui est aussi coordinateur régional du mouvement « Mouwatana » a, de son côté, été arrêté le 31 octobre et ce pour la troisième fois en deux mois !

Une situation qui inquiète les journalistes algériens qui n’hésitent pas à se solidariser de leurs confrères. Meziane Abane, président de l’observatoire nord-africain pour la liberté de la presse explique que « la presse électronique est dans le viseur cette fois ! », en faisant le parallèle avec la répression qui s’est abattue sur les médias lors du 4è mandat de Bouteflika. A. Abane dénonce la dérive du pouvoir en rappelant que « le délit de presse est normalement dépénalisé. Alors pourquoi poursuivre au pénal ? ».

La grande influence dont jouissent les sites inquiète le système algérien qui préfère maintenir la profession dans « un brouillard juridique », selon, un rapport de Reporters sans frontières qui date de 2016, pour mieux sévir.  «Depuis la loi de 2014 contre les activistes sur les réseaux sociaux, certains sont condamnés même pour un post sur Facebook. Un jeune de Tizi Ouzou […] a purgé une peine d’un an de prison […] pour un commentaire sur un article», raconte Meziane Abane. «Notre première revendication est la reconnaissance du statut d’entreprise de presse pour les médias électroniques et de journalistes pour leurs rédacteurs, alors qu’ils sont considérés comme blogueurs et poursuivis comme tels par la justice», affirme de son côté Saïd Boudour qui est fondateur du site « Journalistes citoyens algériens », il est aussi l’un des membres du Syndicat d’éditeurs de presse électronique (SAEPE). Cette même association n’a pas pu s’enregistrer officiellement, ni tenir son assemblée générale constitutive – condition nécessaire de son enregistrement – pour cause de menace du propriétaire des lieux où la réunion était convoquée.

Quant à la majorité des autres journalistes algériens, «ils n’osent se manifester par peur des menaces du pouvoir et expriment leur solidarité – en privé seulement – pour leurs confrères arrêtés», signale S. Boudour.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.