La tension persiste au Liban: M. Aoun pourrait sacrifier S. Hariri…
La tension persiste au Liban: M. Aoun pourrait sacrifier S. Hariri…

Le blocage politico-institutionnel nourri par des factions qui négocient de la sorte leur « virginité » politique ne devrait pas durer au Pays de Cèdre. Si S. Hariri, Premier ministre démissionnaire, n’arrive pas à mobiliser pour mettre en selle un nouveau cabinet pour gérer la crise, le Président pourrait faire le choix d’une autre compétence pour parer au plus urgent : combler le vide institutionnel.

Au Liban, pays secoué depuis le 17 octobre par un mouvement de contestation, la situation s’est dangereusement détériorée mardi 12 novembre avec la reprise dans la nuit des fermetures de routes et des violences entre des manifestants et l’armée.
Une personne a été tuée lors d’une altercation entre contestataires et militaires.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Beyrouth et d’autres villes quelques minutes à peine après la fin d’une interview télévisée accordée par le président de la République ce mardi.
Des groupes de manifestants en colère ont commencé à fermer les routes à l’intérieur de la capitale et entre les différentes régions du pays.
Ils voulaient exprimer leur déception après l’intervention de Michel Aoun, jugeant que le chef de l’État n’avait pas répondu à leurs attentes.

Beaucoup lui ont reproché d’avoir appelé les contestataires à quitter le Liban. Une précision du palais présidentiel, qui a dit que les propos de M. Aoun avaient été déformés, n’a pas convaincu les foules. Pas plus que les promesses du président d’une prochaine désignation d’un nouveau Premier ministre et de la prise en compte de toutes les demandes de la contestation pour la lutte contre la corruption et l’application de véritables réformes économiques, sociales et même politiques.

Des appels à la démission du président se font de plus en plus entendre. Dans la nuit de mardi à mercredi, la contestation a été émaillée de violences qui ont fait un mort, un partisan du leader druze Walid Joumblatt, tué lors d’une altercation avec une patrouille de l’armée libanaise qui voulait circuler via une route fermée par les manifestants à l’entrée sud de Beyrouth.
W. Joumblatt s’est rapidement rendu sur les lieux pour appeler ses hommes au calme, et l’armée libanaise a annoncé la mise aux arrêts du militaire qui a ouvert le feu.

Des violences ont aussi eu lieu dans certains quartiers de la capitale, lorsque des manifestants ont attaqué à coups de pierres des soldats libanais qui tentaient d’ouvrir les routes. Les militaires ont essayé en vain de dégager certaines artères bloquées, mais ont finalement dû renoncer devant la détermination des manifestants. Ce mercredi 13 novembre 2019, le Liban est un pays paralysé du nord au sud.
Les écoles, les universités et les banques sont fermées.

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