La tension reste palpable en Bolivie: Intérim et déficit de légitimité
La tension reste palpable en Bolivie: Intérim et déficit de légitimité

Dans une Bolivie encore sous l’emprise des manifestations, la présidente par intérim Jeanine Añez tentait mercredi 13 novembre de combler le vide politique laissé par le départ d’Evo Morales.
Le président bolivien démissionnaire Evo Morales s’est dit prêt à rentrer dans son pays pour apaiser la situation.

Un jeune homme a été tué par balle lors d’affrontements entre partisans d’E. Morales et la police dans l’est de la Bolivie, non loin de Santa Cruz.
À La Paz, des affrontements ont également secoué le centre de capitale.
Partisans de l’ancien chef de l’État et les forces de l’ordre se sont affrontés au premier jour de fonction de J. Anez.
Un groupe de plusieurs centaines de personnes jetait des projectiles sur les forces de l’ordre, qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogène à quelques pâtés de maisons du siège du gouvernement, où la dirigeante était en train de nommer un nouveau commandement militaire lors d’une cérémonie officielle.

Au moins un véhicule militaire avait été déployé dans le centre de la ville, où un groupe de quelque 3 000 manifestants est arrivé en milieu d’après-midi en provenance de la ville voisine d’El Alto, favorable à l’ancien président.

J. Añez, qui s’est autoproclamée mardi présidente du pays par intérim, préparait mercredi la composition de son gouvernement, qui devrait être réduit au strict minimum, selon un de ses porte-parole.
Cela concerne « les fonctions, les postes les plus importants qui sont : la Défense, l’Intérieur et des Finances », qui « ne peuvent pas cesser de fonctionner », a déclaré à la presse Arturo Murillo, un sénateur de droite.

Outre la formation du gouvernement, l’autre priorité est de nommer une nouvelle autorité électorale en vue de convoquer de nouvelles élections.
En prenant ses fonctions, J. Añez avait fixé comme limite la date du 22 janvier.
Avant la crise, c’est à cette date que le prochain chef de l’État devait être intronisé.

Lors d’une conférence de presse à Mexico où il s’est réfugié, E. Morales s’est déclaré disposé à retourner en Bolivie « pour apaiser la situation ».
« Nous reviendrons tôt ou tard », a-t-il aussi ajouté.
Appelant à un « dialogue national, sincère » afin de résoudre la crise qui agite son pays, il n’a pas manqué l’occasion pour réfuter la légitimité de la présidente par intérim.
« Elle n’a pas respecté la Constitution. La sénatrice est seconde vice-présidente du Sénat. Alors ils peuvent bien inventer n’importe quelle figure juridique, mais ils n’ont pas respecté la Constitution ! », clame-t-il.

Un peu plus tôt, à Cochabamba, le fief de l’ancien président, le calme était relatif.
Les rues et les places sont bondées. Le calme est précaire cependant, puisque des barrages ont été installés au nord de la ville, gardés par des groupes de jeunes armés de bâtons, habillés comme des paramilitaires.
Ils sont en train de s’organiser, disent-ils, en vue de demain, puisque les partisans d’Evo Morales espèrent maintenant organiser un rassemblement à Cochabamba.

Il devrait notamment y avoir des soutiens venus du fief électoral de l’ancien président, qui contestent la proclamation de la présidente par intérim.
Ces soutiens viennent des tropiques de Cochabamba, une région productrice de coca, berceau de la lutte syndicale qui a mené Evo Morales au pouvoir à l’époque.

C’est là qu’il s’était réfugié après sa démission, juste avant de s’exiler au Mexique.
Le vice-président de la principale structure syndicale paysanne de la région appelle à un soulèvement de toutes les organisations sociales qui soutiennent encore E. Morales.
Leur objectif, c’est de marcher jeudi 14 novembre jusqu’à Cochabamba, puis de se diriger vers La Paz, pour exiger le retour de l’ancien président en Bolivie.

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