L’Algérie veut en découdre avec la crise : L’arme du remaniement…

L’Algérie veut en découdre avec la crise : L’arme du remaniement…
El Mouradia a pris tout le monde de court, ou presque, en annonçant un remaniement partiel du gouvernement Sellal. De nouvelles têtes remplacent les anciennes dans les postes clé de l’économie. La crise qui étouffe le pays, avec une rente pétrolière mise à mal depuis quelques mois, explique ce changement d’équipe.
A l’heure où le débat est encore loin d’être clos sur le changement du modèle économique en Algérie, débat nourri par la baisse drastique du matelas de devises que procure la rente en hydrocarbures, le système algérien a fini par sortir de sa torpeur en annonçant un remaniement partiel du gouvernement. L’Exécutif que pilote Sellal est ainsi touché au cœur. Si tout le monde paraît surpris par un tel lifting que la rumeur nourrissait depuis quelques mois, à en croire les observateurs de la scène algérienne, il faut se rendre à l’évidence que seul le Patron du FLN, Amar Saadani, était dans le secret des Dieux. Lui qui a chargé, ces derniers temps, ad hominem plusieurs membres de l’équipe Sellal. Le changement a donc surtout concerné les ministères économiques. Finances, Energie et Agriculture ont changé de titulaires. Le départ d’Abderrahmane Benkhalfa, qui vient de boucler sa première année à la tête du ministère des Finances, est comblé par Hadji Baba Ammi, qui occupait jusque là le poste de ministre délégué chargé du Budget. Considéré comme un « Ovni » dans l’équipe de Sellal, Abderrahmane Benkhalfa, cède son fauteuil d’Argentier à un technocrate pur jus. En effet, Hadji Baba Ammi a fait carrière au ministère des Finances avant d’intégrer le gouvernement. Saura-t-il faire face à la crise qui se propage ? Stoppera-t-il la dégringolade de la monnaie nationale ? Comment gérera-t-il la propension du Trésor algérien à recourir à l’endettement pour éponger la crise des liquidites qui poigne à l’horizon ? Pour juguler la crise, le pouvoir a fait son choix sur un produit du sérail pour occuper un autre poste important. De président-directeur général de Sonelgaz (situation qui attira sur lui des soupçons de corruption dans un marché de centrales électrique), Noureddine Bouterfa a été propulsé ministre de l’Energie à la place de Salah Khebri, nommé en mai 2014. Avec lui, la facture énergétique acquittée par les Algériens devra subir une réévaluation, le nouveau titulaire du portefeuilles de l’Energie ayant plaidé, depuis des mois, en faveur de la hausse des prix de l’électricité. Dans le viseur du SG du FLN, Sid-Ahmed Ferroukhi, cède sa place de ministre de l’Agriculture à un enfant de la boîte, Abdeslam Chelgham qui occupait, jusque-là, le poste de secrétaire général. Nul besoin de rappeler que ce secteur est érigé par le système algérien en une alternative à la chute des prix des hydrocarbures.
Amar Ghoul, toujours maintenu au gouvernement depuis l’arrivée de Bouteflika au pouvoir abandonne le ministère du Tourisme à Abdelwahab Nouri qui cède le département des Ressources en eau à Abdelkader Ouali. Boudjema Talai hérite, lui, du ministère en charge des Transports et Travaux publics.L’Exécutif de Sellal est renforcé par un nouveau département à la tête duquel attérrit Mouatassem Boudiaf. Il est chargé de l’Economie numérique et de la Modernisation des systèmes financiers.Et pour clore cette liste, Ghania Eddalia est la seule « politique » qui a intégré la nouvelle équipe de Sellal. Elle est chargée des Relations avec le Parlement en remplacement de Tahar Khaoua, qui fait ainsi les frais de ses déboires avec le groupe parlementaire de son parti, le FLN.Ce lifting de l’Exécutif intervient quelques jours après le changement intervenu à la tête de la Banque d’Algérie.Nul besoin de souligner qu’il s’agit-là d’une remaniement à forte connotation « technocratique » susceptible de gérer la période de crise dans laquelle l’Algérie est engluée. Et pas seulement sur les plans économique et financier. Le pays étant installé dans une phase de transition qui dure le temps de la maladie qui a mis le Président Bouteflika dans un fauteuil roulant. Ce dernier a profité de ce remaniement pour propulser Boualem Bessaieh ministre d’Etat, conseiller spécial et représentant personnel du chef de l’Etat.

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