L’Arabie truste la première place du monde arabe : Des dizaines de milliards de commandes négociés partout

L’Arabie truste la première place du monde arabe : Des dizaines de milliards de commandes négociés partout
L’Arabie truste la première place du monde arabe : Des dizaines de milliards de commandes négociés partout

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Oppositions politiques et organisations des droits de l’homme sont de plus en plus mobilisées sur la question des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite dans les pays occidentaux. Campagnes et interventions ciblées, y compris des actions en justice pour bloquer des contrats ou suspendre des livraisons de matériel militaire, y sont menées, écrit le quotidien français Libération qui cite en exemple la Suisse où une coalition de partis d’opposition a lancé en début de semaine une initiative pouvant aboutir à un référendum contre l’assouplissement prévu d’une ordonnance sur les exportations d’armes.

En juin dernier, le Conseil d’Etat de Wallonie a suspendu six licences d’exportation vers l’Arabie Saoudite, premier client des entreprises d’armement wallonnes en 2017, avec 153 millions d’euros de commandes. «Ce n’est plus seulement une question morale ou humanitaire, mais aussi juridique», souligne Aymeric Elluin, chargé de plaidoyer à Amnesty International. «Il existe des instruments fondamentaux qui régulent les ventes d’armes dans le monde», ajoute le chercheur en faisant référence au traité sur le commerce des armes, ratifié en 2014 par la France, et la position commune du Conseil de l’Union européenne de décembre 2008. Les deux textes considèrent que «dès lors qu’il y a un risque que les armes vendues atteignent les civils, la vente doit être refusée», développe le chercheur cité par le quotidien français.

En Europe, les débats nationaux engagés au sujet de la guerre au Yémen sont à nuancer selon les Etats. La Suède a adopté l’attitude la plus restrictive sur toute vente d’armes aux pays en guerre. Les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne agissent au cas par cas sur les licences d’exportation. Mais pour le Royaume-Uni et la France, les deux plus gros fournisseurs historiques des pays du Golfe après les Etats-Unis, les enjeux sont trop gros pour céder aux pressions. Le Proche et Moyen-Orient ont représenté en 2017 environ 60% des commandes d’armement français selon un rapport du ministère des Armées.

L’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, les deux pays les plus impliqués dans la guerre du Yémen ont été respectivement les deuxième et quatrième plus gros importateurs d’armes dans le monde entre 2013 et 2017, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Ils ont triplé leurs achats en cinq ans. Selon le rapport annuel de l’institut sur les dépenses militaires dans le monde, l’Arabie Saoudite a consacré 69,4 milliards de dollars en 2017 à ses dépenses militaires, soit plus de 10% de son PIB, en deuxième position derrière le sultanat d’Oman voisin, avec 12% du PIB.

« Avec une telle capacité, Riyad s’impose comme le roi des clients des armes auprès de pays vendeurs qui rivalisent pour obtenir une part de la manne saoudienne », souligne Libération. Une position de force dont le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) use et abuse, ajoute le quotidien, pour faire son marché. L’intempestif homme fort du royaume a commencé son ascension fulgurante en 2015 comme ministre de la Défense et lancé la guerre au Yémen. Entre 2015 et 2017, c’est lui qui passe des contrats pour 43 milliards de dollars avec les Etats-Unis, comprenant des hélicoptères, des frégates, des chars Abrams et autres chasseurs… Ou encore 15 milliards avec le Royaume-Uni et deux autres avec la France. Mais il a aussi diversifié ses sources en achetant pour 3 milliards de dollars à la Russie des missiles S400 et une usine de fabrication des célèbres kalachnikovs installée en Arabie Saoudite. Cette ouverture du marché à la Russie constitue un argument face aux fournisseurs occidentaux qui montreraient quelques scrupules à lui vendre des armes.

Vis-à-vis des pays européens, MBS, qui préside par ailleurs le Conseil des affaires économiques et de développement, fait le lien entre achats d’armes et d’autres intérêts économiques. En visite au Royaume-Uni l’hiver dernier, il a négocié les contrats de défense en faisant miroiter la possibilité de l’ouverture du capital de la Saudi Aramco, première compagnie productrice de pétrole au monde, à la Bourse de Londres. Quelques semaines après à Paris, il négociait parallèlement un contrat d’armements et un autre avec Total pour l’agrandissement d’un complexe pétrochimique à Jubail, sur le golfe Persique. Cherchant à dicter de nouveaux termes de partenariat, MBS joue des contradictions et rivalités des pays de l’UE qui respectent différemment les directives pour limiter les ventes d’armes aux pays en guerre.

Libération note que le dilemme que vient de trancher l’Espagne en cédant sur la vente de bombes guidées à l’Arabie Saoudite pour ne pas renoncer à un contrat plus important est aujourd’hui en discussion au Canada. Une crise a éclaté entre Ottawa et Riyad au sujet des droits de l’homme au mois d’août. MBS a réagi violemment en suspendant toutes les relations diplomatiques et commerciales. Le commerce bila­té­ral entre les deux pays variant entre 3 et 4 milliards de dollars depuis quelques années, le coût pour le Canada semblait limi­té. Sauf que peu avant la crise, le gouvernement libéral de Justin Trudeau défendait comme une priorité un contrat de 15 milliards de dollars de vente d’armes à l’Arabie Saoudite, un montant inédit pour l’industrie militaire canadienne. Ce projet portait la promesse de 7 000 emplois pour une entreprise de London dans la province de l’Ontario, où l’on prie pour que le contrat soit sauvé.

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