L’armée couvre le vide institutionnel en Algérie: Nouveaux tirs de sommation de G. Salah
L’armée couvre le vide institutionnel en Algérie: Nouveaux tirs de sommation de G. Salah

Habitué à prendre le contre-pied des revendications exprimées par les manifestants algériens, attendus pour un nouveau « vendredire », Ahmed Gaid Salah, chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, couvre le vide institutionnel dans lequel le pays est plongé. Et use de menaces à l’endroit des marcheurs.
Qui a dit que l’ordre en kaki n’est pas en marche en Algérie ?

Le chef d’état-major a de nouveau pris la parole sur la situation politique du pays ce mercredi 10 juillet. Ahmed Gaïd Salah a dit qu’il soutenait le président par intérim Abdelkader Bensalah, dont le mandat a théoriquement expiré mardi soir. Le chef d’état-major a répété que l’armée était favorable à l’organisation de l’élection présidentielle le plus rapidement possible. Une antienne rejetée par le Hirak algérien. Mais le discours de « l’homme fort » de l’Algérie s’est aussi fait menaçant à l’égard des manifestants. Ceux qui ne sont pas avec l’armée sont contre elle. C’est en substance le message du chef d’état-major qui adresse une série de mises en garde contre ceux qui scandent « état civil, pas militaire »; les manifestants qui portent les drapeaux berbères, mais aussi ceux qui les soutiennent et dénoncent les séries d’incarcération pour délit d’opinion.
Pour Ahmed Gaïd Salah, tous ces gens sont des corrupteurs. Et le chef d’état-major avertit : l’armée a la mission d’assainir le pays de la corruption. Il enjoint même la justice à utiliser la loi du talion.
Depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika, plus de vingt personnalités politiques ont été placées en détention provisoire. Plus de soixante personnes ont été elles aussi mises sous mandat de dépôt après avoir été arrêtées dans des manifestations avec des symboles berbères ou des pancartes hostiles à l’armée. Ces manifestants sont accusés d’atteinte à l’intégrité du territoire.

Le lit des islamistes…

Le blocage politico-institutionnel qui paralyse l’Algérie et qui est dénoncé aussi bien par des formations politiques d’opposition comme par de larges pans de la société civile comporte des risques de grande ampleur. D’un côté, il peut conduire l’armée dirigée par un quarteron d’officiers supérieurs, lesquels permettent toujours à A.G. Salah d’occuper les devants de la scène, à se sentir pousser des ailes pour aller jusqu’à prétendre faire main basse sur le pouvoir dont ils contrôlent les principaux leviers. Comme il peut amalgamer autour des islamistes, très organisés au niveau des diverses strates sociales, la colère des gens. Quitte à reproduire le scénario déjà éprouvé de la décennie noire avec un nouveau casting. Nombre d’observateurs lisent le déroulé de l’élection à la tête de l’Assemblée populaire à cette aune-là. Car c’est bien un islamiste qui a succédé à Mouad Bouchareb, éjecté sous la pression de la rue. Ni le FLN, ni le RND, formations du système banni n’ont réussi à s’accorder sur un autre candidat… Qui aurait été béni par l’armée.
En effet, hier mercredi 10 juillet, c’est Slimane Chenine (alliance Nahda-Adala-Bina) qui a été porté par les députés à la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN), une semaine après la démission de Mouad Bouchareb. Pressenti depuis plusieurs jours, le secrétaire général du FLN Mohamed Djemai a finalement retiré sa candidature après moult tractations. Félicité avant même le vote à bulletin secret, ce journaliste de profession, directeur d’une publication arabophone, a été choisi pour « apporter un équilibre », selon les mots de plusieurs de ses pairs.
Inattendue, l’élection de S. Chenine, également membre de la commission des affaires juridiques de l’APN, s’est précisée au fil des tractations de la journée, après le double retrait des candidats du Rassemblement national démocratique (RND) et du Front de libération nationale (FLN).

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