L’armée syrienne marche sur Atareb : Des victoires syriennes qui incommodent Ankara

L’armée syrienne marche sur Atareb : Des victoires syriennes qui incommodent Ankara
L’armée syrienne marche sur Atareb : Des victoires syriennes qui incommodent Ankara

Le rouleau compresseur déployé par l’armée arabe syrienne pour éliminer les poches djihadistes dans la région d’Alep maintient son élan. Dans la banlieue sud-ouest du poumon économique de la Syrie, plusieurs localités ont été reprises sur la voie qui mène à la ville stratégique de Atareb. Un développement qui enrage Ankara qui, en plus, aura du mal à digérer la décision du parlement syrien qui a dénoncé le génocide perpétré par la Turquie envers les Arméniens.

Rien ne va plus entre Ankara et Damas. L’armée syrienne a repris le contrôle d’une partie de la route stratégique M5, au sud-ouest de la ville d’Alep, et a ainsi mis en place la zone de sécurité prévue par l’accord Moscou-Ankara, rappelle le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie. La zone de sécurité prévue par le mémorandum russo-turc a été établie par l’armée syrienne, appuyée par ses alliés, a déclaré le 12 février le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie.

«La route internationale M5, passant par la zone de désescalade d’Idlib, est repassée sous le contrôle de l’armée syrienne qui a défait le groupe Hayat Tahrir al-Cham et ses alliés qui contrôlaient le territoire. Ainsi, la zone de sécurité prévue par le mémorandum Russie-Turquie du 17 septembre 2018 a été créée», a annoncé le Centre dans un communiqué.

L’opération des troupes gouvernementales a été forcée car «la partie turque n’a pas pu remplir les arrangements nécessaires du mémorandum de Sotchi concernant la mise en place d’une zone démilitarisée le long des frontières de la zone de désescalade d’Idlib», a précisé Iouri Borenkov, chef du Centre.

L’affolement de la Turquie face à l’avancée rapide des troupes syriennes, désormais  au contact avec un corps expéditionnaire turc, fort de plusieurs dizaines de chars et de véhicules blindés, a poussé le Sultan Recep Tayeep Erdogan à multiplier les menaces contre la Syrie. De ce surcroit de tension, les Présidents russe et turc se sont entretenus par téléphone le 12 février pour évoquer le règlement de la crise en Syrie sur fond de tension à Idlib. Et ont notamment souligné l’importance de l’implémentation complète des arrangements entre Moscou et Ankara sur la Syrie, y compris le mémorandum signé entre la Russie et la Turquie à Sotchi en 2018. Nul besoin de rappeler à ce sujet que le Président Poutine a multiplié les sorties pour la préservation de l’intégrité territoriale de la Syrie, une réalité avec laquelle Ankara entend composer pour mieux servir ses « intérêts » dominateurs.

Quoi qu’il en soit, à Damas, les officiels syriens ne perdent pas le nord. Et rappellent sur tous les tons leur ferme volonté à reconquérir tout le territoire syrien. Et c’est dans cette dynamique que s’inscrit l’offensive large menée par l’armée gouvernementale en réalisant de sérieux progrès sur plusieurs fronts à la fois. En reprenant des villes stratégiques comme Maarat al-Nouman et Saraqeb, mais surtout en libérant une majeure partie de l’autoroute M5, preuve en est donnée que l’armée syrienne n’est plus à minorer. La domination de cet axe routier, le plus stratégique de Syrie, qui relie Damas et Alep, les deux plus grandes villes du pays, excipe de cet état de fait.

Moscou met les points sur les « i »

Si la Turquie s’agite face à une offensive syrienne qui a déstabilisé tous ses calculs, comme le confirme l’encerclement de 7 points de contrôles turcs, elle n’est pas la seule dans ce cas de figure. Une réunion d’urgence convoquée au Conseil de sécurité, présidé par la Belgique, a tenté de « stopper net » l’avancée de l’armée syrienne sur son territoire. Le motif invoqué étant d’épargner les civils. D’où la réaction ferme de la Russie qui s’est interrogée sur les véritables visées de la réunion du Conseil de sécurité dont la moitié des 12 pays membres appartient à l’Alliance atlantique.

Moscou et Damas ne frappent pas de cibles civiles en Syrie, toutes les frappes visent uniquement les terroristes, a déclaré ce 12 février Vladimir Tarabrine, chef du Département des nouveaux défis et menaces du ministère russe des Affaires étrangères.

Il a ainsi répondu aux assertions d’Ankara qui accuse Moscou et Damas  d’avoir frappé des civils dans le gouvernorat syrien d’Idlib.

«Nous avons déclaré à plusieurs reprises que ni la Russie ni les forces armées syriennes ne frappaient la population civile. Toutes les frappes visent exclusivement les formations terroristes, ceux qui, les armes à la main, luttent contre les autorités légitimes», a indiqué V. Tarabrine.

La situation dans la zone de désescalade d’Idlib s’est considérablement dégradée la semaine dernière. Le 10 février, le ministère turc de la Défense a annoncé la mort de cinq de ses militaires dans une attaque de l’armée syrienne à Idlib. En réponse, l’armée turque a annoncé avoir frappé 115 cibles militaires syriennes, tuant une centaine de soldats, selon Ankara.

Plus tôt en février, huit militaires et civils turcs avaient trouvé la mort dans des bombardements syriens à Idlib. La Turquie avait alors «neutralisé» 76 soldats syriens en riposte, avait affirmé R.T. Erdogan. Assertions que l’OSDH basé à Londres a démenti.

Quoi qu’il en soit, les succès remportés par l’armée syrienne qui a perdu un hélicoptère dans les combats, ont poussé Ankara à appeler à la mobilisation. Le ministère russe de la Défense a posté une vidéo du mouvement d’un convoi de matériel militaire turc dans la province d’Idlib.

En conformité avec un accord établi en mai 2017 aux négociations d’Astana (récemment rebaptisée Nour-Soultan) par des représentants de Russie, d’Iran et de Turquie, quatre zones de désescalade ont été mises en place en Syrie. Le territoire de trois d’entre elles est passé en 2018 sous le contrôle de Damas. La quatrième zone, qui couvre le gouvernorat d’Idlib et partiellement les gouvernorats voisins de Lattaquié, de Hama et d’Alep, reste toujours insoumise à Damas et une grande partie est occupée par les terroristes du Front al-Nosra, recyclé sous les conseils d’Ankara en Hayaat Tahrir Al-Cham pour lui éviter le couperet de la condamnation internationale comme organisation terroriste.

En septembre 2018, Moscou et Ankara ont conclu une entente établissant une zone démilitarisée à Idlib où se trouve une dizaine de formations armées.

La diplomatie russe a déclaré que la situation dans le secteur était aggravée du fait de la présence d’armes et de munitions importée dans le pays par les radicaux via la frontière séparant la Turquie de la Syrie, ainsi que de celle de convois de troupes et de blindés turcs. Les dernières négociations entre la Russie, l’Iran et la Turquie à Astana a eu lieu les 10 et 11 décembre 2019. Les changements intervenus sur le terrain appellent à une nouvelle entente. Si aucun rendez-vous n’a été fixé pour une rencontre au sommet russo-turque, force est de souligner que Téhéran a proposé de jouer les bons offices entre Ankara et Damas pour empêcher une conflagration générale.

L’US Army s’agite

On signalera que du coté de Qamichli, un affrontement entre des soldats américains et des civils est survenu mercredi 12 février, dans le gouvernorat syrien d’Hassaké, entraînant la mort d’un garçon de 14 ans tombé sous les balles US, tandis qu’un autre civil a été blessé.  Les civils syriens de Kharbat-Amo ont empêché le convoi US d’investir leur localité. Iouri Borenkov, chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, a confirmé ces faits. Selon lui, des membres d’un convoi militaire américain, qui a dévié de son itinéraire, ont ouvert le feu sur des civils lors d’un différend à un poste de contrôle situé à l’est de Qamichli.

Les militaires russes ont mis fin à l’affrontement en escortant le convoi jusqu’à sa base. «On a réussi à empêcher l’escalade du conflit uniquement grâce aux efforts de soldats russes arrivés sur les lieux. Ils ont assuré le départ du convoi militaire américain vers leur base située près d’Himo, dans le gouvernorat d’Hassaké», a précisé le responsable russe.

Côté américain, le colonel Myles B. Caggins parle, lui, d’un échange de tirs qui s’est produit entre des forces de la coalition internationales et des forces syriennes pro-gouvernementales à Qamichli. «La patrouille est devenue la cible de tirs aux armes légères par des inconnus» et les militaires de la coalition ont riposté par des tirs, a-t-il signalé. Une vidéo de l’incident montre des hommes qui marchent calmement. À un moment donné, on entend ce qui semble être un coup de feu et rien de plus.

D’après un correspondant de l’agence SANA, un homme a été tué et un autre blessé à l’est de Qamichli dans des tirs ouverts par les forces menées par les États-Unis contre deux villages dont les habitants s’étaient réunis près d’un poste de l’armée syrienne pour empêcher le passage de blindés US.

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