L’Autriche échappe de justesse à l’extrême droite

L’Autriche échappe de justesse à l’extrême droite
Le suspens a duré juste ce qu’il faut pour démontrer à la face du monde que l’Autriche est un pays divisé en deux. Mais que c’est le camp de la modération qui a fini par vaincre les relents du populisme poussé à l’extrême. En effet, c’est le candidat indépendant Alexander Van der Bellen, soutenu par les écologistes, qui a remporté l’élection présidentielle autrichienne, devançant le candidat d’extrême droite Norbert Hofer, selon les résultats officiels. Précisément, après le décompte lundi des votes par correspondance, Alexander Van der Bellen récolte 50,3% des suffrages, totalisant 31.026 voix d’avance sur son concurrent Norbert Hofer, qui a rassemblé 49,7% des suffrages. Norbert Hofer, candidat du Parti de la liberté (FPÖ), islamophobe et eurosceptique, a reconnu sa défaite peu de temps avant l’annonce officielle.
Très suivi dans une Europe en butte à la montée des populismes, ce scrutin a donc porté à la tête de l’Etat autrichien le septuagénaire et universitaire à la retraite Alexander Van der Bellen. Brillant économiste, ancien membre du Parti social-démocrate, le Président choisi a porté, plus de dix ans durant, les couleurs des Verts autrichiens, formation qu’il a dirigée jusqu’en 2008. Durant cette période, les Verts, présents au parlement depuis les années 80, sont devenus la quatrième force politique du pays, derrière le FPÖ. C’est une campagne au centre, de rassemblement de l’électorat modéré, qui a été menée par cet économiste qui se présente comme « enfant de réfugiés », le fils d’un aristocrate russe et d’une mère estonienne ayant fui le stalinisme.
Alexander Van der Bellen est ainsi le premier candidat issu du camp écologiste à être élu à la tête de l’Etat autrichien, et le seul en Europe jusqu’à aujourd’hui. Crédité de 21,3% seulement des voix au premier tour, loin derrière Norbert Hofer, qui en avait obtenu 35%, Alexander Van der Bellen a bénéficié d’une participation électorale en hausse et d’importants reports de voix notamment des partis traditionnels, qui avaient subi un revers historique. « Ca vaut le coup de ne pas abandonner », a jugé le candidat écologiste dimanche.

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