Le 13 mai, l’heure du bilan pour El Othmani : Avec ou sans superstition ?
Le 13 mai, l’heure du bilan pour El Othmani : Avec ou sans superstition ?
Allal El Maleh
Allal El Maleh

Les Marocains, où ceux que cela intéresse, auront droit à un oral du chef du gouvernement. Conjurant le sort, le « psy » El Othmani a choisi la date de sa sortie médiatique, le 13 de ce mois, pour étaler en long et en large, devant les élus, le bilan des réalisations de l’actuel Exécutif. Ainsi que les projections des acquis à engranger d’ici à 2021, date à laquelle rendez-vous sera pris pour de nouvelles consultations électorales. Reste à savoir si le chiffre 13 lui portera bonheur. Lui qui a raté, d’après les commentaires de presse, sa prestation devant la presse francophone. C’était avant Ramadan, lors d’une « tea party ». Le chef du gouvernement a piètrement défendu ses « chiffres » et semble très à l’étroit dans les habits officiels qu’il porte depuis que son frère et néanmoins prédécesseur Abdelilah Benkirane lui taille des costars à n’en plus finir…

Le choix du ramadan pour une telle prestation ne lui saura d’aucun secours. Même s’il est issu de la même école salafiste que le charismatique A. Benkirane, il sera incapable de faire voyager ses compatriotes dans le temps… d’une opulence souhaitée. Pas de lévitation en vue, ni de révélation fracassante. Le PJD ne tient la distance, il faut en convenir, que par la grâce du corps électoral dont il dispose. Et ses leaders, actuels comme ceux passés, lesquels aspirent à être béatifiés, sanctifiés et canonisés ante mortem, ne réussiront nullement à gommer de la mémoire du pecus vulgum les multiples retours sur les acquis que la majorité a lancés sur les rails. Le train des réformes n’est bon à prendre que si au bout du tunnel, la situation générale est appelée à s’améliorer. Mais tel ne semble pas être le cas pour le moment. Et gageons qu’il en sera toujours ainsi demain.

Alors que dévoilera de si beau et de plus pour les citoyens Dr Saad Eddine ? A part les beaux discours généralement soporifiques et prolifiques et rarement toniques, il ne faut pas s’attendre à une glose qui trancherait avec la traditionnelle langue de bois et ses nouaisons de lieux communs. Les Marocains qui cherchent du concret à leurs doléances en suspens peuvent allègrement zapper à l’heure convenue. Et de guerre lasse, se rabattre sur les préciosités que les Frères d’El Othmani lancent pince sans rire pour justifier l’injustifiable face à la flambée des prix durant ramadan. Le kilo des oignons atteint des sommités ? Lahcen Daoudi, ce ministre des Affaires générales qui n’en rate pas une, s’en prend à ceux qui le mettent devant ses responsabilités, lui qui avait assuré que l’alimentation du marché durant ce mois serait normale et que les prix seraient contrôlés avec rigueur. En leur rétorquant qu’il ne faut pas exiger de lui qu’il sèche cette espèce de plante herbacée. Autant tonner que ce ne sont pas nos oignons ! Laissons le marché faire et défaire les prix… et tout le reste. Les enseignants dans les rues, les médecins porter des blouses noires…

El Othmani fera preuve, comme ses frères, de suffisance pour éluder toutes les questions qui fâchent. Il se fera fort que de rappeler la légitimité de son mandat et tout le laïus.

De grâce, trêve de plaisanteries ! Le pays a besoin d’une bonne dose de sérieux pour avancer. Loin du misérabilisme ambiant qui assure que le Maroc est pauvre et qu’il ne saurait recycler que cette donnée de base !

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