Le bonheur en prend pour son grade: Ces vérités brutes de coffrage…

Le bonheur en prend pour son grade: Ces vérités brutes de coffrage…
Le bonheur en prend pour son grade: Ces vérités brutes de coffrage…
Allal El Maleh
Allal El Maleh

A mesure que les islamistes dits modérés persistent à affirmer qu’ils sont là pour squatter les premiers rangs lors des diverses épreuves électorales, il ne faut point s’étonner de la propension du thermomètre de la sinistrose à évoluer vers le bas. Pas plus tard qu’hier, l’ONU a confirmé que sur l’échelle planétaire du bonheur, les Marocains ont de quoi s’en faire.

Le dernier rapport ad hoc place le Royaume à la 89e position. Juste après l’Algérie (88), sempiternel rival auquel les uns et les autres parmi nous se réfèrent, alors que le chagrin algérien est des plus compréhensibles au regard de la dèche dans laquelle le système a rivé le peuple. Un dromadaire ne voit que la bosse d’autrui… Alors que les deux pays voisins, placés côte-à-côte, broient du noir. Depuis qu’ils laissent filer la chance qu’ils ont : la jeunesse d’une population qui ne rêve que de livrer le meilleur d’elle-même pour faire reculer les miasmes du sous-développement ambiant. C’est-à-dire généralisé !

Bref, le schisme qui sépare le Royaume et son voisin de la Finlande (là où le bonheur s’exprime) nécessite plus qu’une révolution. Pour justement en découdre avec la sinistrose ambiante. Celle dont a parlé, il n’y a pas si longtemps de cela, le Président de Bank Al-Maghrib, en évoquant, pour le cas marocain, les contre-performances économiques ainsi collectionnées.

Oracle pour d’aucuns et imprécateur pour d’autres, Abdellatif Jouahri qui n’a pas froid aux yeux (la très confortable position qu’il occupe lui confère la latitude pour descendre en flammes quiconque le contrarie) n’hésite pas à placer le nœud gordien du problème marocain (étroitement lié, on s’en doute, au bonheur national brut) au milieu du terrain politique. Pour siffler les hors-jeu des divers acteurs qui se complaisent dans ce qu’ils savent faire : conjuguer la faconde pour plaire.

Pour le Wali de BAM, point de valeur ajoutée n’est à espérer de ces cénacles de la bêtise qui font débat de tout et de rien. En laissant filer les vraies questions qui méritent, elles, un vrai débat national. Du type où va le Maroc, vers quoi, avec qui et comment ? Lorsque le PJD n’est pas fichu de « clore » le débat factice sur le voile de l’une de ses élues (suivez mon regard !) et de se consacrer aux problèmes qui taraudent la société (du type réforme de l’enseignement et/ou égalité dans l’héritage, réforme de la constitution, etc), il y a des chances pour que les Marocains perdent leurs doigts (à force de les mordre jusqu’au sang) en étant forcés d’assister à des spectacles aussi désolants que celui qu’offre un ministre (qui plus est démissionnaire ?!) en compagnie d’une troupe de folklore. Lahcen Daoudi, pour ne pas le nommer, a raison de faire son ahidous. Au lieu de reconnaître la faillite des choix de son parti qui a amalgamé autour de lui une coalition des plus bigarrées. On le voit avec la libéralisation du secteur des hydrocarbures (qui engraisse les compagnies tout en forçant les consommateurs à la diète), ou encore avec le pourrissement de la situation des enseignants contractuels. Et la liste est longue…

Où est le bonheur lorsque les Marocains n’ont rien de potable : ni écoles, ni hôpitaux, ni routes… Et lorsqu’ils osent battre le pavé, vous imaginez le reste. La baston n’est jamais loin pour assurer, justifie-t-on, sécurité et quiétude des citoyens. N’est-ce pas là le comble de la joie que l’on peut partager avec tous nos frères arabes et musulmans ?

PS : La méthodologie utilisée pour l’élaboration du rapport consiste à demander à un échantillon de personnes venant de 156 pays différents de répondre à une série de questions sur la perception de leur qualité de vie sur une échelle de 0 à 10. Le rapport 2019 étudie en particulier le lien entre le bonheur et la notion de communauté. En observant les conséquences des technologies, du gouvernement ainsi que des normes sociales sur les communautés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.