Le courage n’a pas de limite…La preuve par l’Istiqlal…

L’enjeu mémoriel revêt de l’importance pour toute nation. Et a fortiori lorsque cette même nation découvre, sur le tard, que des torts ont été dramatiquement causés à une population, une région et où une catégorie de personnes.

Dans le Royaume, il faut rappeler que « la nouvelle ère » n’a pas manqué de courage en mettant en place l’Instance Equité et Réconciliation (IER). Laquelle instance a fourni un travail colossal ciblant, pour l’essentiel, les victimes des tristement célèbres « années de plomb » qui ont émaillé l’histoire contemporaine du pays.

On passe sur le parasitage subi par ladite instance de ce que l’on peut appeler les « poches de résistance » qui n’avaient aucun intérêt à ce que la réconciliation aboutisse et que le pays inaugure une nouvelle étape de son histoire débarrassée des remugles d’un passé douloureux.

Le dossier rifain aurait pu être traité comme il se doit, dans ce même cadre institutionnel, s’il n’y avait pas le poids surreprésenté par des intérêts politiques égoïstes nourries aussi bien par les formations partisanes toujours en compétition que par d’autres en devenir.

Nul parmi les observateurs n’ignore les ratés de bien des initiatives qui visaient à supplanter la représentation politique des forces traditionnelles par une nouvelle structure susceptible d’agréger tous les déçus d’un système politique où ils ne retrouvèrent point. D’où la naissance bien mouvementée du PAM qui, des années après l’orchestration de son arrivée spectaculaire sur scène, continue à livrer de lui même l’image d’un conglomérat où les loups se mangent entre eux sans autre forme de procès. L’éclipse d’un Ilyas El Omary n’est que le symptôme d’une dérive politico-politicienne de plus qui a non seulement péché par un casting superfétatoire sans goût, ni saveur. Si l’on excepte l’odeur du sang qui caractérise une camarilla d’affairistes, un poids mort en politique, le PAM ne pèse par lourd, y compris pour endiguer la remontée en surface de l’islam politique, comme on l’a éprouvé avec le PJD. Mais c’est une autre affaire…

Si l’IER a permis de cautériser certaines blessures et inaugurer de nouvelles pistes pour que le pays soit à l’abri du despotisme, il n’en reste pas moins que bien des zones d’ombre persistent. En tête desquelles trône, bien entendu, le dossier rifain. Un dossier que le PAM a été dans l’incapacité de gérer, ni d’aider à le gérer, même si le parti qui a changé de tête a jeté son dévolu sur une autre figure, rifaine. Là où on attendait les formations progressistes, le Hirak d’Al-Hoceima ayant tenu en haleine tout le pays, c’est l’Istiqlal qui a fait preuve de courage politique. Etonnant de la part d’une formation nationaliste et salafiste ! Nizar Baraka, nouveau patron de la formation par l’un de ses aïeuls, Allal El Fassi en l’occurrence, est-il entrain de réaliser la mue aux sein de cette vieille famille politique en replaçant sa trajectoire dans le bon sens ? La question mérite d’être soulevée. Même si l’important est lié à une décision historique dont l’immédiateté interpelle la nation dans son ensemble.

L’Istiqlal cherche donc à évaluer son implication dans les événements de la fin des années cinquante du siècle passe qui ont marqué de leurs stigmates le Rif et la mémoire de ses populations. Et si N. Baraka demande pardon à nos concitoyens du Nord, c’est pour réinitialiser le processus de réconciliation tombé en panne. Une amende honorable qui arrive en retard, certes. Mais n’est-il pas vrai que mieux vaut tard que jamais ?

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