Le GSIM cible un camp de l’armée malienne : Le bilan est lourd à Dioura

Le GSIM cible un camp de l’armée malienne
Le GSIM cible un camp de l’armée malienne

Pas moins de 21 militaires maliens ont été tués dans une attaque terroriste contre un camp de l’armée dans le centre du pays. Le bilan fait aussi état de blessés et de disparus. Dans un communiqué, les Forces armées maliennes accusent un déserteur de l’armée d’avoir dirigé cette opération qualifiée de « terroriste ». Il s’agit de l’ex-colonel Ba Ag Moussa, alias Bamoussa Diarra, qui a rejoint dès 2012 les rangs des groupes armés, proche du djihadiste Iyad Ag Ghali, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

Des dizaines d’hommes armés, venus à moto et en voiture, ont pris d’assaut le campement militaire de Dioura dimanche à l’aube, tuant plus de 20 soldats, selon des élus locaux. Il aura fallu plusieurs heures de combat, des renforts aériens et terrestres, pour que l’armée malienne reprenne le contrôle de la base de Dioura.

Cette attaque d’envergure a été coordonnée par un des bras droits de Iyad Ag Ghali, l’ancien colonel B. Diarra. D’après le chef d’un groupe local engagé contre le terrorisme, il divise son temps entre Kidal et le cercle de Nara où il formerait des combattants.

Sur le terrain, l’ex-colonel Diarra, la quarantaine, est ce qu’on appelle dans l’armée « un grenadier-voltigeur », un militaire rompu aux techniques de combat, toujours en première ligne. Déserteur de l’armée régulière en 2006 avant de revenir dans les rangs, il quitte une nouvelle fois les forces en 2012, pour rallier la coalition des groupes armés opposés aux troupes régulières maliennes.

Il est à la tête des attaques de plusieurs localités du nord : Aguelhok, Ménaka, Tessalit et Kidal notamment. Des localités qu’il connaît bien pour y avoir servi sous le drapeau national. Il se rapproche de Iyad Ag Ghali, chef islamiste du groupe Ansardine, qui prend ensuite la tête du GSIM. Les deux hommes, originaires de la région de Kidal, ont été un moment militairement formés en Libye.

Mais ce n’est pas seulement dans le nord que l’ex-colonel Bamoussa Diarra opère : il est soupçonné d’avoir dans le passé mené des opérations contre l’armée dans les localités de Niono, Diabaly, et même Nara, non loin de la frontière mauritanienne. En prenant la tête des opérations ce dimanche à Dioura, localité du centre, loin de son fief traditionnel, il a voulu peut-être confirmer que tout ce qui se passe au centre du Mali se décide dans le grand nord.

Les attaquants de Dioura auraient d’ailleurs bénéficié du soutien d’hommes venus de Kidal. « Ce serait donc une action conjointe, avec un renforcement de capacités venu de l’extérieur » commente Baba Dakono, chercheur à l’Institut d’études de sécurité.

Malgré la mission des Nations unies au Mali (Minusma), une forte présence militaire française et la création de la force militaire régionale G5-Sahel, les attaques djihadistes persistent dans le pays, avec 237 attaques recensées en 2018, soit 11 de plus qu’en 2017, selon l’Onu.

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