Le Hirak algérien résiste: L’arme de l’usure, un pari perdant pour « le système »
Le Hirak algérien résiste: L’arme de l’usure, un pari perdant pour « le système »

Les Algériens qui marchent depuis cinq mois pour le démantèlement du système savent que « l’état profond » joue le temps pour se maintenir. L’arme de l’usure à laquelle le système recourt ne semble pas la mieux indiquée pour remporter l’épreuve de force.

Canicule, coupe africaine, période des congés… Rien ne semble entamer la détermination des Algériens à hâter l’avènement de la Deuxième république.
Certes, lors du 21ème « vendredire », les artères d’Alger, comme des autres villes, étaient tapissées de moins de monde. Mais les milliers de citoyens ayant défilé n’ont pas revu à la baisse leurs revendications, comme l’attestent les slogans portés par les marcheurs. D’abord, la foule s’accroche au rejet de l’offre du système à un dialogue et une présidentielle organisés par les 2 B (le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah et son premier ministre Noureddine Bedoui).
Ensuite, la détermination consistant à « dégager le système » reste inébranlable.
Et last but not least, les manifestants revendiquent «un Etat civil et non militaire»…

En dépit de cette pression de la rue, chaque mardi les étudiants battent aussi le pavé, le chef de l’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Ahmed Gaïd Salah, et les hommes qu’il a propulsé sur les devants de la scène, refusent d’aller la transition exigée par la rue, ainsi qu’une bonne partie de l’opposition.

Pour les tenants du système, la seule feuille de route possible consiste à privilégier la voie des urnes. Mais il faut dire qu’à force de tergiverser, le système s’est inscrit en faux vis-à-vis de « la constitutionnalité » de son approche. Or, depuis le 9 juillet, date de l’expiration du mandat de l’actuel chef de l’Etat, qui s’est vu confier les rênes du pays le 9 avril pour une période ne devant pas dépasser les trois mois, l’Algérie est en plein vide constitutionnel. Certes, le Conseil constitutionnel a pris les devants le 2 juin en prolongeant de facto le mandat de l’actuel chef de l’Etat jusqu’à la tenue de la prochaine présidentielle.
Mais le problème de fond, est loin d’être réglé puisque les Algériens ne veulent pas déserter la rue et continuent de réclamer la tête d’Abdelkader Bensalah et de tous les symboles du système. Jeudi 11 juillet, l’ANP a confirmé, via la revue El Djeich ( son organe officiel), son rejet de la transition, qualifiée de «choix aventureux», et son attachement «aux solutions légales et constitutionnelles conduisant à l’organisation d’élections présidentielles dans les plus brefs délais».
Rien de tranchant dans cette logorrhée si l’on excepte que sur le terrain, l’attitude butée du système commence à prendre une autre dimension, de plus en plus répressive. La multiplication des menaces et des arrestations dans les rangs des manifestants renseigne sur les véritables desseins de la camarilla qui dirige le pays. Celle-là même qui n’a pas hésité à jeter son dévolu sur le vétéran de la guerre d’indépendance, Lakhdar Bouregaâ, en le mettant au cachot.
On a aussi entendu, ce vendredi, des cris qui appellent à la libération des détenus. Plus d’une soixantaine de personnes sont toujours en détention à Alger pour avoir notamment brandi un drapeau berbère.

Les audiences de cette semaine ont confirmé leur détention préventive en attendant un éventuel procès. Et il faudra s’attendre à ce que le tour répressif livre un autre bilan.
Les forces de l’ordre fortement déployées dans la capitale ont procédé à plusieurs interpellations et confisqué des banderoles.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.